E-Biom s’est fait connaître du grand public pendant la pandémie de Covid-19 en participant au suivi de la propagation du virus par l’analyse des eaux usées. Un monitoring rendu possible grâce à sa technologie phare, l’ADN environnemental.
« Le principe, c’est que tout organisme vivant laisse des traces d’ADN dans son environnement. Pendant le Covid, on nous a demandé: si vous êtes capables de retrouver l’ADN d’une grenouille dans une mare, pouvez-vous retrouver le virus dans les eaux usées ? », explique Jonathan Marescaux, CEO de E-Biom.
Cette technologie s’applique à des échantillons d’eau, de terre, mais pas uniquement. L’exploitation des données permet de suivre l’évolution des écosystèmes, de détecter des espèces invasives ou encore d’identifier certains risques sanitaires. « À partir d’un simple piège à moustiques, nous sommes capables de déterminer si le moustique tigre est présent, par exemple. Et si c’est le cas, s’il est porteur de maladies comme le chikungunya. »
Des hôpitaux à Chanel
Le cœur de métier d’E-Biom se veut plus large encore. En transformant les données en indicateurs, elles servent de base à la formulation de recommandations. Car E-Biom est aussi un cabinet de conseil qui accompagne entreprises et pouvoirs publics dans le développement de projets « à biodiversité positive. »
Parmi ses clients figurent notamment la brasserie Caulier à Péruwelz, l’aéroport de Luxembourg, des hôpitaux ou encore Chanel, en France. En matière d’aménagement du territoire, la PME intervient auprès de collectivités ou aux côtés des architectes et des urbanistes afin d’intégrer les enjeux écologiques dès l’étape de conception. Parmi les projets emblématiques, E-Biom a contribué à la réflexion autour d’un parc inondable développé à Chênée suite aux crues de la Vesdre en 2021.
Partenaires internationaux
Aujourd’hui, l’expertise d’E-Biom est déjà reconnue. La PME wallonne réalise 60% de son chiffre d’affaires à l’international, portée par l’expertise de son laboratoire. À ce stade, elle peut se targuer de partenariats en Afrique, en Amérique du Sud, notamment. « Cette semaine, nous avons reçu des échantillons qui proviennent du Japon », glisse Jonathan Marescaux tout en ajoutant qu’E-Biom a scellé un accord-cadre de quatre ans avec l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.
Cette dynamique se traduit aussi dans les chiffres. E-Biom a déjà enregistré plus de 600 000 euros de commandes cette année. Soit deux fois plus qu’en 2024. Son ambition est désormais de porter la part de l’international à 80% de son activité.
Il reste toutefois beaucoup à faire, comme le souligne Véronique Pire, COO. Le marché est encore jeune. « Les entreprises doivent être accompagnées pour définir leurs besoins », indique-t-elle. Mais le dérèglement climatique invite de plus en plus à considérer ces enjeux. « Aujourd’hui, il faut expliquer comment construire autrement et montrer que ce qui est parfois perçu comme une contrainte écologique est en réalité une manière de préserver notre bien-être. On entend souvent que ces démarches coûtent de l’argent. Mais que coûtent les incendies ? Que coûtent les inondations ? Que coûtent les pertes de récoltes ? »
Pour accélérer son déploiement, E-Biom entend accueillir un partenaire capable de lui ouvrir de nouveaux marchés et d’accompagner son développement à l’international. « Nous avons les compétences scientifiques et technologiques. L’enjeu, désormais, est d’accélérer. Nous pourrions le faire seul, mais si nous voulons continuer à innover, nous devons nous entourer. »