Et si Ford, admiré par Hitler, n’était pas l’entrepreneur « génial » que l’on croit ?Préparer l’après restriction
Pour l’instant, les voitures électriques chinoises n’ont pratiquement aucune chance de s’imposer aux États-Unis. Celles-ci sont frappées par des droits de douane proches de 100 %. Le gouvernement américain a aussi durci les règles pour les véhicules connectés : les logiciels fournis par des entreprises chinoises doivent être interdits à partir de l’année-modèle 2027, avant certaines pièces matérielles en 2030.
Un solide rempart donc. Mais Ford se prépare déjà à ce qui viendra après.
Actuellement, le constructeur américain travaille sur une nouvelle génération de voitures électriques abordables, pensée dès le départ pour rivaliser avec les coûts de groupes comme BYD.
Le rouleau compresseur chinois à toute vitesse
Pas question donc de simplement électrifier un modèle existant en espérant maintenir les prix. L’objectif est de proposer des électriques moins chères avant que les marques chinoises ne puissent directement s’attaquer au marché américain. Car c’est précisément sur les prix que le danger se trouve.
L’Europe comme avertissement
Si Ford appréhende la pression chinoise, le constructeur peut constater ce qu’il pourrait potentiellement se passer en regardant vers l’Europe. Les marques chinoises y représentent 10,5 % des ventes en mai dernier, contre 6 % au début de l’année et seulement 3 à 4 % un an plus tôt. Et BYD, le plus important constructeur chinois, aurait vendu près de 99 000 véhicules sur le continent pendant les cinq premiers mois de l’année.
guillement
Nous devons être capables de les battre sur leur propre terrain »
La marque Geely, de son côté, a atteint au premier trimestre un volume comparable à celui de Ford en Europe. Et c’est justement avec ce concurrent que le groupe américain a choisi de s’allier fin du mois de juillet.
Les deux constructeurs doivent partager certaines plateformes et technologies dans l’usine Ford de Valence, en Espagne. Plusieurs modèles pourraient en sortir à partir de 2028. Mais le rapprochement fait grincer des dents aux États-Unis, certains élus craignant que le constructeur ne renforce encore la puissance industrielle chinoise. Ford assume pourtant son choix. La pression venue de Chine oblige les constructeurs occidentaux à devenir « plus légers et plus intelligents », explique le groupe, cité par AutoPlus.
Ford rappelle près de 800 000 véhicules pour des défauts de sécurité« Les battre sur leur propre terrain »
La bataille ne se jouera d’ailleurs pas uniquement aux États-Unis. « Nous devons être capables de les battre sur leur propre terrain », a lancé Bill Ford lors de ce même événement.
Sauf que sur le territoire chinois, les voyants sont déjà au rouge. Les ventes de Changan Ford, la coentreprise locale du constructeur, sont tombées sous les 100 000 exemplaires, alors qu’elles dépassaient autrefois les 200 000 unités, souligne Presse-Citron.
Ford doit donc mener deux combats à la fois : empêcher son marché historique de lui échapper et retrouver une place dans celui de ses futurs concurrents.