On pense spontanément au tabac, au café ou à certains aliments lorsqu’on parle des habitudes qui peuvent irriter la vessie. Mais un autre élément, beaucoup plus difficile à éviter, attire désormais l’attention des urologues : les microplastiques.
Même s’il est à lui seul responsable d’un tiers des cancers de la vessie, le tabac n’est pas le seul ennemi de cet organe. Le café, les boissons gazeuses, les piments forts ou encore certains aliments comme les oranges peuvent eux aussi l’irriter. Une consommation excessive d’eau peut également perturber son fonctionnement en augmentant les envies d’uriner.
Cette irritation peut se traduire par desenvies plus fréquentes ou plus urgentes d’aller aux toilettes, mais aussi par des douleurs et un inconfort. Ces facteurs sont bien connus des urologues. Mais un autre élément, beaucoup plus difficile à éviter, commence lui aussi à attirer leur attention : les microplastiques.
La vessie réagit mal au contact de ces particules
Les microplastiques sont de minuscules particules issues du plastique. Une partie peut être ingérée avec certains aliments ou boissons. Selon la Dre Shaya Taghechian, urologue interrogée par le magazine Parade, les recherches récentes montrent de plus en plus clairement que nous devrions nous en préoccuper car ils peuvent avoir plusieurs effets potentiellement problématiques sur la vessie. Selon la spécialiste, les reins filtrent ces particules, qui peuvent ensuite se retrouver dans la vessie.
« La muqueuse vésicale, très sensible, peut mal réagir au contact de ces particules, entraînant une inflammation chronique et un stress oxydatif « , explique l’urologue. « Ces microplastiques peuvent même réduire la capacité de la vessie à stocker correctement l’urine, surtout si sa barrière cellulaire protectrice est altérée. » Le Dr Jason Carter, également urologue appelle lui aussi à la prudence. « Dans ma pratique, je rappelle toujours à mes patients que la vessie réagit mal à une irritation chronique, qu’elle soit due à une infection, au tabagisme, à certains aliments ou à une exposition potentielle à des facteurs environnementaux », explique-t-il.
Quels symptômes peuvent être liés à une vessie irritée ?
« Nous ne disposons pas de preuves formelles que les microplastiques causent directement les maladies de la vessie, mais le sujet est suffisamment préoccupant pour qu’il soit important de suivre de près l’évolution de la recherche » insiste le spécialiste. En participant à l’inflammation de la vessie, ils peuvent aggraver certains problèmes déjà présents. Les urologues citent notamment :
Une envie d’uriner plus fréquente ou plus urgente
Des douleurs ou un inconfort au niveau de la vessie
Autant de symptômes qui justifient une consultation médicale.
Comment réduire son exposition aux microplastiques ?
Il est impossible de les éviter complètement, mais les deux urologues cités proposent plusieurs habitudes simples pour limiter l’exposition inutile au plastique. Le premier réflexe consiste à remplacer les bouteilles d’eau en plastique à usage unique par une gourde en acier inoxydable. Ils recommandent aussi de ne pas réchauffer des aliments ou des boissons dans des récipients en plastique et de privilégier le verre ou la céramique pour le micro-ondes.
D’autres gestes sont également proposés : utiliser du thé en vrac avec une passoire métallique plutôt que des sachets, filtrer l’eau du robinet, passer régulièrement l’aspirateur et utiliser un système de filtration HEPA. Les aliments frais peuvent aussi être privilégiés autant que possible par rapport aux produits préparés ou transformés (notamment ceux en conserve).
Les urologues reconnaissent que ces précautions ne constituent pas une protection radicale contre les maladies de la vessie. Mais « en attendant des preuves scientifiques plus solides, réduire l’exposition inutile au plastique est une mesure pratique et de bon sens qui peut être bénéfique pour la santé ».