S’il lève son chapeau, vous verrez une multitude de petits êtres dansent. Et dans sa main, une ballerine. Autant de surprises insoupçonnées qui tiennent les spectateurs en haleine, en suspens durant trente minutes. Et si les bambins sont impressionnés par ce grand bonhomme, bientôt ils l’ausculteront.
Luès, cest seul à l’envers, et donc tous ensemble, fascinés par ce colosse mariant marionnette et machine, mystère et secret. Sorti de la carcasse qu’il a lui-même imaginée, Antonin explique le contexte de la venue de gentil titan qui sillonne les festivals. « Luès vient du futur ou d’une dimension parallèle, on ne sait pas. Mais il a emporté avec lui toutes les belles choses auxquelles il tenait dans son monde. Au fur et à mesure du spectacle, il les dévoile et invite le public à faire pareil. Il y a un petit bureau sur lequel les gens sont invités à écrire ou à dessiner ce qui compte pour eux. » Une collection de souvenirs qui nourrissent une mémoire collective sur une musique originale entraînante.

Esperanzah 2026 – Luès ©EDA
À la fin de la ronde, certains spectateurs se rendent compte qu’un humain était caché dans le ventre du personnage et fait des contorsions pour en sortir. Par quelle magie ? Quelques-uns, des adultes certainement, veulent comprendre ; d’autres, les enfants souvent, veulent garder l’idée de l’inexpliqué. Qui manipule qui ? Comment tout cela fonctionne-t-il ? Le singe pédale-t-il vraiment ? « C’est un grand bricolage, sourit Antonin. il y a des poulies, des interrupteurs, des choses qui s’actionnent manuellement et d’autres via des télécommandes. » Le résultat est bluffant, terriblement émotionnel.
4 saisons depuis trente ans
Luès, c’est la dernière création de la compagnie des 4 Saisons, créée il y a trente ans et installée depuis cinq ans à la ferme Miss Terre, à Landenne. Une histoire de famille avec Éric Lefèvre et Frédérique Prohaczka, au commencement, et désormais leurs enfants, Antonin, donc, et Fanchon. Sans oublier l’équipe qui gravite autour de chaque idée.

Esperanzah 2026 – Luès ©EDA
Esperanzah 2026 – Luès ©EDA
« Depuis 1995, nous avons réalisé différents projets, toujours pour la rue, explique Frédérique, la scénographe. Nous avons débuté sur des échasses et proposons désormais des créations mécaniques plutôt foraines, des manèges, des marionnettes, comme notre Dragonne. Luès, c’est la synthèse de notre art. » Une vraie réussite qui, une fois démontée, tient dans une petite remorque et qui pourrait voyager comme ses prédécesseurs : l’Amérique latine, Singapour, le Québec mais aussi de nombreux pays européens. Car le langage et les émotions de ces orfèvres sont universels.
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Luès sera, ce samedi 8/08 au Waulsort Festival, le 28/08 au HAASte Töne ? ! d’Eupen et le 30/08 au festival La rue du Bocage à Herve. 4saisons.be