Récemment, la directrice a placé des capteurs dans ses classes afin de quantifier cette pollution. Les résultats l’ont laissée sans voix. « Nous avons été profondément choqués. Nous ne pensions pas que la qualité de l’air était si mauvaise », soupire-t-elle.
Mais cette situation est loin d’être exceptionnelle. Selon une étude menée dans 75 écoles belges par l’entreprise Airscan, dans le cadre d’un projet intitulé Clean Air for Schools, 84 % des classes dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de particules fines.
Quand l’air pollué s’attaque à notre cerveau
« Pour améliorer la qualité de l’air dans les classes, les enseignants ont le réflexe d’ouvrir les fenêtres. C’est une très bonne idée pour évacuer le CO2, mais cela cause un autre problème car cela fait entrer des particules fines », relève Antoine Geerinckx, cofondateur d’Airscan, une entreprise belge de suivi de la qualité de l’air.
Ces particules fines proviennent de sources variées : le trafic routier, l’utilisation de bois et de mazout pour le chauffage, l’activité industrielle, l’agriculture en sont quelques exemples. En raison de leur système immunitaire immature et de la vitesse de leur respiration, supérieure à celle des adultes, les enfants y sont particulièrement sensibles.
Performances cognitives impactées
Selon une étude menée en 2023 dans le cadre du projet européen Interreg 3SqAIr, la mauvaise qualité de l’air dans les écoles peut impacter les élèves à trois niveaux : leur confort, leur santé et leurs performances cognitives, à savoir la concentration, la mémoire, le raisonnement, la prise de décision ou encore la résolution de problèmes.
Airscan estime avoir trouvé la solution à ce risque sanitaire. L’entreprise propose d’équiper les écoles de purificateurs d’air. « Nos purificateurs d’air éliminent jusqu’à 60 % des particules fines présentes dans l’air des classes. Ce sont les seuls appareils agréés par le SPF Santé publique. Ils constituent une solution abordable à ce problème. Nous créons ainsi immédiatement un environnement d’apprentissage plus sain, y compris dans les écoles qui ne disposent que d’un budget limité pour la ventilation », fait valoir Antoine Geerinckx. Ces machines, qui ressemblent à de gros ventilateurs, sont munies de filtres au charbon actif. Elles aspirent l’air ambiant et capturent les particules, les empêchant de se répandre dans les classes. L’école GBS Windroos est la première école à bénéficier du programme lancé par le programme Clean Air for Schools. Elle a reçu quatre de ces appareils.
Cela ne permet cependant pas de régler le problème de fond. « Chaque année, 8 millions de personnes meurent prématurément à cause d’une mauvaise qualité de l’air à travers le monde. On est face à un problème global, mais nous pouvons trouver des solutions au niveau local », affirme encore Antoine Geerinckx.
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