Derrière ce livre de 130 pages, on retrouve pour les textes, Marcel Vilz, et pour les photos et la documentation, Gilberte Fransolet. Pendant plusieurs mois, le duo, qui était déjà de la partie en 1976, a trié les archives et les souvenirs pour retranscrire au mieux la genèse de cette belle aventure. « Il y a deux ans, le Comité nous a demandé de nous atteler à cette tâche », explique Marcel Vilz.
Jeune instituteur en 1974, celui-ci devait enseigner l’histoire aux 4e primaires. « Theutois, je ne connaissais pas l’histoire de Sart-lez-Spa. » Les élèves ont fini par ramener de nombreuses anciennes cartes postales. « On en avait plus de 300. » L’enseignant se tourne alors vers José Laurent, directeur de l’école à ce moment et moteur de ce qui deviendra les Vieux Métiers. « Ce qui intéressait plutôt celui-ci, c’étaient les gens qui vivaient à l’époque. Il a eu l’idée d’aller à la rencontre des aînés. »

José Laurent est le fondateur de la fête des Vieux Métiers. ©- ÉdA Philippe LabeyeD’une soirée d’échange à un week-end festif
Au départ, à l’été 1974, il était question d’élaborer un montage de diapositives pour que les « vieux » puissent raconter la vie quotidienne d’antan. Des soirées furent organisées pour ces échanges à Sart, Tiège et Solwaster. Et c’est l’effervescence. Un défi voit le jour : recréer une moisson, dans un champ prêté par Emile Deblon, à Arbespine. Dans la foulée, certains anciens ont eu envie de transmettre les gestes et, pour les conserver, de les immortaliser dans un film. Une lettre-pétition est lancée en 1975, en wallon, pour demander de l’aide à la Commune. Ils obtiendront 60 000 francs. La première projection du film et la première exposition vivante des Vieux Métiers auront lieu un an plus tard, en août 1976.
« Les aînés en ont parlé autour d’eux et c’est ce bouche-à-oreille qui a permis de fédérer les gens autour de leur projet, confie Marcel Vilz. Ils voulaient transmettre leur savoir, ce patrimoine qu’on possédait dans la commune. Le samedi, il n’y a pas eu trop de monde à part les villageois. Mais le dimanche, il y a eu un monde de fou ! » Si bien qu’une autre édition est organisée deux ans plus tard, en 1978, juste après la fusion des communes. « Un moyen efficace pour que les deux communautés se rencontrent. »

Aujourd’hui encore, les Vieux Métiers captivent la jeune génération. ©Romain Rixhon
Au fil des ans, l’organisation a pris de l’ampleur et est devenue de plus en plus lourde, obligeant l’équipe à se contenter d’une édition tous les 5 ans, depuis les années 2000. « De 300 bénévoles, on est passé à 1500 aujourd’hui », précise Marcel Vilz. En plus de fournir une multitude d’anecdotes, le livre compile également une kyrielle de photos, les fameuses affiches de l’événement mais aussi des documents inédits. Presque tous issus des trésors de Gilberte Fransolet.
« Au départ, c’est né à Sart, mais, suite à la fusion, c’est devenu la fête de toute une commune. Chacun est heureux d’y participer : il y a une ambiance conviviale mais on retrouve aussi l’importance du folklore, de la musique, des danses… », résume-t-elle. Car l’authenticité a toujours été une priorité. « On veut garder ce côté didactique et ne pas devenir une foire », complète Marcel Vilz. Allez, encore deux ans à patienter avant de revivre ce fameux plongeon en 1900.
>> Disponible à partir du 8 août à la Maison Bronfort et dès lundi à la Traversée et dans les librairies de Spa (35 €).

Le livre s’adresse aux villageois mais aussi à tous ceux qui souhaitent s’inspirer de l’exemple sartois. ©EdA J.Wo.