
par Donatella Ruolo
Publié le 03 août à 20h31
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Près de trente ans après la Coupe du monde 1998, l’ancienne ministre des Sports française Marie-George Buffet admet que les contrôles antidopage inopinés de l’équipe de France avaient été suspendus jusqu’au tournoi. Une décision qu’elle qualifie aujourd’hui de « recul » dans la lutte contre le dopage.
Marie-George Buffet est revenue sur une polémique vieille de près de trente ans dans le documentaire de BFMTV Zidane, la fabrique d’une légende, consacré à Zinédine Zidane. L’ancienne ministre des Sports du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) reconnaît que les contrôles antidopage inopinés auprès des joueurs de l’équipe de France avaient été interrompus après un stage à Tignes en 1997, un an avant la Coupe du monde organisée en France.
À l’époque, ces contrôles avaient suscité la colère des joueurs, du sélectionneur Aimé Jacquet et de la Fédération française de football, qui estimaient qu’ils perturbaient la préparation des Bleus. Tous les tests urinaires réalisés s’étaient révélés négatifs.
« Je ne devais plus embêter les Bleus »
Dans le documentaire, Alain Garnier, le médecin chargé par le ministère des Sports de réaliser ces contrôles, affirme avoir reçu une consigne claire : « Je ne devais plus embêter les Bleus jusqu’à la Coupe du monde. » Selon lui, cela signifiait qu’il n’y aurait plus de contrôles antidopage inopinés, même si cette instruction n’a jamais été formulée par écrit.
Interrogée à ce sujet, Marie-George Buffet confirme cette version. « Si le Dr Garnier le dit, oui, c’est que c’était vrai », déclare-t-elle. « On ne l’a pas dit comme ça, mais ça revient au même. C’était un recul (de la lutte antidopage). Et après (la Coupe du monde), on a repris le combat (antidopage). » L’ancienne ministre rappelle qu’elle sera ensuite à l’origine, en 1999, de la première loi organisant la lutte antidopage en France.
Une décision prise sous pression
Questionnée sur l’origine de cette consigne, Marie-George Buffet explique qu’elle a probablement été transmise « au niveau des cabinets », alors qu’Alain Garnier estime qu’elle venait de Matignon.
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L’ancienne ministre affirme également avoir subi, à l’époque, des pressions « de toutes sortes ». Jusqu’à présent, elle avait toujours nié avoir demandé l’arrêt des contrôles inopinés. En 2013, sous serment devant une commission sénatoriale, elle avait notamment assuré : « Nous n’avons jamais donné de directive en ce sens. »
