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par Louise Mechet
Publié le 04 août à 05h00

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En juin, Bruno apprend par téléphone que l’un de ses amis, détenu à la prison de Haren, a obtenu son Certificat d’Enseignement Secondaire Supérieur. Depuis plus d’un an, il étudiait avec des professeurs associés au projet de réinsertion Réinsert. Bruno nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour nous raconter le parcours de son ami et d’autres détenus.


Il y a quelques semaines, Bruno reçoit un appel de la prison de Haren. Redouan El Hankouri, enseignant APP (d’accompagnement de pédagogie personnalisée) au sein de l’établissement, lui annonce que son ami détenu vient d’obtenir son Certificat d’Enseignement Secondaire Supérieur (CESS).

« Monsieur El Hankouri me tenait régulièrement au courant des avancées des cours, et ce jour-là, il m’a informé que trois détenus avaient obtenu leur CESS, dont mon ami », nous raconte-t-il avec beaucoup d’enthousiasme. Nous ne sommes pas parvenus à prendre contact directement avec lui, c’est donc via Bruno que nous connaîtrons son parcours.



Incarcéré à la fin de l’année 2024, l’homme, alors âgé de 38 ans, se demande ce qu’il peut tirer de sa détention. Il commence alors un cursus scolaire. En discutant avec lui, Bruno décide de chercher une manière d’améliorer l’enseignement au sein de l’établissement pénitentiaire. « Il m’a dit qu’il n’avait jamais passé son CESS. Rien n’était organisé dans la prison à ce moment-là », décrit Bruno.

Il contacte alors Fabien Lisart, expert au sein du projet Réinsert Extra-muros. Le projet est déjà présent dans plusieurs prisons, comme celles de Mons ou de Tournai. Selon lui, il propose un « enseignement pour adulte avec des enseignants APP qui accompagnent les détenus pour les aider à se réinsérer » dans la société.


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Pour Bruno, ce genre de projet constitue un « travail de longue haleine parce que les moyens à l’intérieur de l’établissement sont limités. » Mais quelques semaines plus tard, une collaboration naît tout de même entre le projet Réinsert et la prison de Haren. « Ce n’est pas la prison qui organise le projet », nous explique un membre de la direction de l’établissement pénitentiaire, « nous offrons les autorisations pour l’implantation du projet et il s’organise de manière autonome dans les locaux. »




Des détenus motivés à étudier

Ce partenariat intègre au sein de la prison un programme cofinancé par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) et le Fonds social européen. Les étudiants ne vont plus seulement en cours, ils peuvent désormais obtenir leur diplôme via le jury central de la FWB. « Obtenir le CESS pour une personne détenue, c’est un premier pas vers la réinsertion », affirme Fabien Lisart, pour justifier l’importance de l’implantation du projet Réinsert. « Mais il y a aussi toutes les habilités sociales qui vont avec : se lever, étudier, rendre des devoirs… », ajoute-t-il.

À 22, 40 et 49 ans, les trois détenus ont suivi, une à deux fois par semaine, des cours de français, mathématiques, sciences… avec deux professeurs. Redouane El Hankouri, l’un des enseignants au sein de la prison, nous décrit le fonctionnement des cours. « Les anciens étudiants ou les plus compétents aident les nouveaux dans leur apprentissage, et nous, on supervise et on apporte des supports numériques. »

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Livres au programme dans le cadre de l’obtention du CESSLivres au programme dans le cadre de l’obtention du CESSLivres au programme dans le cadre de l’obtention du CESS – RTL info

Examen de mathématiquesExamen de mathématiquesExamen de mathématiques – RTL info

Cours de mathématiquesCours de mathématiquesCours de mathématiques – RTL info

Examen de Langue Moderne : NéerlandaisExamen de Langue Moderne : NéerlandaisExamen de Langue Moderne : Néerlandais – RTL info

Selon lui, le bouche-à-oreille pendant les heures de promenade motive les nouveaux arrivants à suivre la formation. Le projet se popularise : « Au démarrage, j’ai accompagné un seul participant. Aujourd’hui, 17 personnes suivent ce parcours », déclare fièrement le professeur.

Bruno témoigne des sentiments de son ami après l’obtention de son diplôme : « En un an et demi, il a passé les examens et a obtenu son CESS avec une grande fierté personnelle. » Les deux hommes travaillent maintenant sur la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur, toujours avec Fabien Lisart.

Un projet qui en entraîne d’autres

Le professeur Redouan El Hankouri encourage également la mise en place de cours universitaires au sein de la prison de Haren. « Après le CESS, on voit pas mal de détenus motivés à continuer dans les études supérieures. J‘essaie de devenir cette plateforme entre les étudiants et l’université. »


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En effet, Kathleen Van de Vijver, porte-parole du SPF Justice, nous explique que les enseignants APP « peuvent aussi accompagner des personnes qui suivent des études supérieures à distance. » La structure Réinsert propose aux détenus de suivre un cursus adapté dans l’enseignement post-secondaire. Il leur permet d’obtenir un statut particulier qui les exempte, par exemple, des frais d’inscription.

Au sein du projet Réinsert, Fabien Lisart tente de « sensibiliser l’administration des universités et des hautes écoles pour les rendre accessibles aux détenus. »



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