Pourquoi avoir choisi de consacrer cette exposition à Jean Dubuffet ?
Laura Goedert : Après Elisabeth et Gérard Garouste (en 2024) et Olivier Debré (en 2025), il nous a semblé assez naturel de poursuivre notre exploration des grands moments de l’histoire moderne en France avec un artiste qui a profondément renouvelé et bousculé l’art et la peinture. Le choix s’inscrit également dans une volonté de la ville d’affirmer sa capacité à accueillir des projets artistiques majeurs comportant une dimension internationale.
Pourquoi avoir retenu la période « L’Hourloupe », le cycle le plus complexe de Dubuffet ?
« L’Hourloupe » a souvent été présenté ces dernières années dans des rétrospectives, mais il est peu fréquent que le cycle soit envisagé pour lui-même. Si cette période, la plus longue dans le parcours de l’artiste, a déjà été exposée, rares sont les expositions institutionnelles qui en ont proposé une lecture globale. Et cela permet de réinscrire l’œuvre de Jean Dubuffet sur le territoire breton.
Cette exposition est-elle particulière par rapport aux précédentes expositions dinardaises ?
C’est certainement celle qui a le plus d’ampleur, au niveau du nombre d’œuvres dont certaines proviennent de l’étranger et sont issues de collections prestigieuses. C’est aussi l’exposition qui a nécessité le plus de collaboration avec la Fondation Dubuffet et avec les services de la ville (menuisiers, électriciens, peintres, serruriers…) puisque toute la scénographie a été réalisée en interne.
L’exposition présente plusieurs affiches réalisées par Dubuffet. Quel était son rapport à cet exercice de création ?
Dubuffet a travaillé très tôt l’affiche, et dès le milieu des années 1960, il va utiliser ce médium pour diffuser « L’Hourloupe ». Néanmoins, les affiches constituent également des fragments autonomes de ce cycle, qui vont en reprendre le vocabulaire graphique, avec une identité visuelle très reconnaissable. Ainsi l’affiche accompagne « L’Hourloupe » en dehors des murs de l’institution ou du musée pour l’intégrer dans l’espace urbain.
Pratique
Exposition au Palais des Arts jusqu’au 20 septembre (du mardi au dimanche) de 10 h à 18 h. Nocturne exceptionnelle ce mercredi 5 août jusqu’à 22 h. Entrée : 10 €, résidents dinardais : 7 €, jeunes (-25 ans) : 4 €.