Yaya n’a pas peur des erreurs, ni de l’imperfection. Au contraire, elle aime le caractère rustique des choses, cette touche artisanale qui laisse apparaître la main de celui qui les a façonnées. Elle ne cherche pas le luxe, mais la sincérité. « Cela dit, je n’ai ni le confort ni le statut économique dont jouissent la plupart des gens », reconnaît-elle. « L’argent ne m’a jamais beaucoup intéressée. Je pense même qu’il est facile à obtenir si on le veut, car c’est une forme d’énergie. Ce qui m’a toujours intéressée, c’est de réaliser les choses qui me font vibrer, et elles sont très peu commerciales, pour ne pas dire pas du tout. Je me suis toujours laissée guider par mon cœur, et petit à petit, je me suis libérée de toutes ces règles qui définissent ce qui est acceptable ou non, et qui finissent par nous dicter notre façon de vivre. »

Et de poursuivre : « Toute ma vie, j’ai rêvé d’avoir une cabane en bois, mais celles que je voyais autour de moi étaient hors de prix. Comme j’ai toujours été une parfaite marginale, j’ai pu faire des choses que les gens avec de l’argent ne se permettent pas toujours. Et, inversement, ils ne peuvent pas vivre comme moi justement parce qu’ils ont des biens à protéger. On peut venir leur prendre ce qu’ils possèdent. Moi, quoi qu’il arrive, je n’ai rien à mon nom. »

maisoncabane en bois dans la forêt en Espagne

Une cabane en bois nichée dans la forêt qui ferait sourire Thoreau.

@ Chris AmatUne réponse à la crise actuelle du logement ?

Lorsqu’on l’interroge sur la crise du logement, Yaya ne mâche pas ses mots. « C’est honteux », répond-elle sans hésiter. Serions-nous mieux lotis si nous étions aussi autonomes qu’elle ? Si chacun pouvait disposer d’un petit coin de campagne et d’une maison simple où vivre ? À une condition toutefois : sans eau courante ni électricité, comme elle – même si Yaya bénéficie de panneaux solaires et d’une connexion Internet par satellite. Vivre dans la forêt, oui, mais sans chercher à la transformer. En la préservant.