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Gabriel Lemaire Sicre, artiste installé à Graulhet depuis 13 ans, envisage de vendre son atelier et ses sculptures monumentales, faute de soutien municipal. Malgré ses efforts pour préserver le patrimoine industriel local, il n’a trouvé aucun appui pour pérenniser son projet, menaçant ainsi la mémoire industrielle de la ville.

Quelques mois après avoir lancé un cri d’alarme dans nos colonnes, Gabriel Lemaire Sicre estime être arrivé à un tournant. En avril dernier, l’artiste prévenait déjà : « Le 1er juillet, si je n’ai pas trouvé de solution avec la nouvelle équipe municipale, je mettrai en vente ma bâtisse avenue Victor-Hugo et déménagerai mes machines dans mon autre usine. »

Aujourd’hui, il affirme n’avoir trouvé aucune issue. Lors de son dernier entretien avec le maire Benjamin Verdeil, au cours duquel il a également décliné une proposition de l’Éveil artistique visant à exposer certaines de ses œuvres sur les ronds-points de la ville pendant Art Graulhet, l’artiste dit avoir entendu un message sans ambiguïté : « On s’occupera du tourisme quand la ville sera propre ; pour l’instant, nous n’avons pas d’argent à consacrer au patrimoine ».

Arrivé à Graulhet il y a treize ans, Gabriel Lemaire Sicre rachète l’ancienne usine Breilhac pour y installer son atelier. Il y découvre alors un patrimoine industriel qu’il juge exceptionnel et entreprend de sauver les anciennes machines de la mégisserie.

Il ne peut pas porter seul ce projet

Nettoyées, peintes et transformées en sculptures monumentales inspirées de l’univers coloré de Robert Delaunay, elles prennent une nouvelle dimension artistique. Réunies dans le Paradis des Machines, ces créations constituent aujourd’hui un ensemble unique consacré à l’histoire industrielle locale.

À 61 ans, l’artiste estime toutefois ne plus pouvoir porter seul ce projet. « Je n’ai pas la capacité d’exploiter ce lieu. Cela devrait être le rôle des institutions. Moi, je suis artiste et je veux continuer à créer », explique-t-il. Pour assurer l’avenir de cette collection, il avait imaginé une fondation associant collectivités et entreprises, permettant de financer la conservation des œuvres tout en maintenant leur accès au public, en lien avec la Maison des Métiers du Cuir.

Mais, selon lui, aucune discussion n’a réellement été engagée. « Aujourd’hui, à contre-cœur, si des investisseurs étrangers sont intéressés, je vends tout. La ville perdra ce patrimoine. » Une perspective qu’il vit comme un renoncement, avec le sentiment que Graulhet pourrait voir disparaître une part de sa mémoire industrielle.