Les choses se gâtent
À partir de là, les choses se gâtent. Simon Afram estime que le film devait être détruit après visionnage. Or, cela n’aurait pas été le cas. Selon la plainte, « l’e-mail de Netflix indiquait que la société avait eu connaissance du vol du DCP (Digital Cinema Package, un fichier informatique destiné aux salles de projection, ndlr) depuis peut-être une semaine entière sans jamais informer les plaignants qu’elle avait laissé le DCP de ces derniers, dont la production avait coûté plus de 45 millions de dollars, être volé directement sur un bureau de Netflix. »
Netflix lui aurait rétorqué que l’objet serait « probablement vendu à la ferraille », étant donné qu’il faut une clef de décryptage, mais le producteur affirme que « Netflix savait que le DCP n’était pas crypté et qu’il pouvait être ouvert, visionné, publié, copié ou distribué sans aucune clef. »
Nicolas Cage, Ben Kingsley et Michael Sheen à l’affiche
Or, le film Fortitude, inspiré d’une histoire vraie, possède un réel attrait. Nicolas Cage y incarne Dusan Popov, un agent double dont les agissements avaient pour but de mener des actions destinées à tromper les nazis durant la Deuxième guerre mondiale. À ses côtés, on retrouve Alice Eve, Matthew Goode, Ben Kingsley, Ed Skrein, Ron Perlman et Michael Sheen. Même s’il ne s’agit pas d’une copie unique, le vol pourrait sérieusement impacter les retombées économiques de Fortitude, notamment en raison d’une éventuelle diffusion gratuite sur Internet. D’où le dédommagement réclamé de 105 millions de dollars pour un long métrage qui en a coûté 45.
Netflix contre-attaque
De son côté, Netflix se défend dans The Hollywood Reporter : « C’est la première fois que ça nous arrive. Malheureusement, quelqu’un a volé pas mal de disques durs dans nos bureaux, la semaine passée. On a planché sur le sujet avec notre équipe de sécurité, mais sans résultat. Nos équipes antipiratage sont sur le qui-vive et vont surveiller une potentielle fuite du film. »
Puis la firme contre-attaque : « Nous contestons toute allégation selon laquelle nous devrions porter la responsabilité de la perte d’un film qui ne nous a pas été remis dans le respect des mesures de sécurité standard de l’industrie. »
Si aucun accord n’est trouvé que cela débouche sur un procès, c’est une certitude, il vaudra la peine d’être suivi. Avant, pourquoi pas ?, d’être adapté au cinéma ou diffusé sur une plateforme de streaming…