Victoria Stellas, une Galloise en vacances en Grèce, a vécu un cauchemar après une piqûre de tique passée inaperçue. Ce qui semblait n’être qu’une simple grippe s’est révélé être beaucoup plus grave et l’a plongée dans un coma artificiel de 42 jours. Elle raconte comment cette infection rare a bouleversé sa vie.
On le sait, les tiques sont loin d’être inoffensives car leur morsure peut passer totalement inaperçue et certaines peuvent transmettre des infections parfois graves, comme l’encéphalite à tiques. Après une sortie en pleine nature, il est donc important de toujours vérifier sa peau, ses vêtements sans oublier le pelage des animaux domestiques, s’ils ont fait la balade avec vous, puis de retirer rapidement toute tique qui serait accrochée.
Pour la Galloise Victoria Stellas, cette précaution aurait pu changer beaucoup de choses. En 2019, alors qu’elle passe des vacances sur l’île grecque de Syros, elle est probablement piquée par une tique, mais elle ne s’en rend pas compte. Quelques jours plus tard, elle commence à avoir des symptômes ressemblant à ceux de la grippe. De retour chez elle, son état s’aggrave jusqu’à l’apparition de crises d’épilepsie nocturnes. Hospitalisée, les médecins ne parviennent pas à déterminer ce qui lui arrive. Elle va alors être plongée dans un coma artificiel pour préserver son cerveau le temps de trouver l’origine de ses crises. Un coma qui va durer 42 jours.
De simples symptômes grippaux avant une brutale aggravation
Victoria, originaire de Grèce et installée au pays de Galles depuis l’âge de cinq ans, retourne régulièrement dans son pays natal pour les vacances. Elle pense aujourd’hui avoir été piquée en allant soigner des chèvres, des animaux susceptibles d’attirer les tiques.
Le diagnostic finit par tomber : Victoria souffre d’une encéphalite à tiques, une infection virale qui atteint le système nerveux central et qui peut, dans les formes graves, mettre la vie en danger. Le cas de Victoria reste heureusement rare. Selon le professeur Benedict Michael, spécialiste des infections zoonotiques à l’université de Liverpool, la grande majorité des personnes infectées ne développent pas de complication cérébrale. « Au total, environ 3 % des personnes touchées développeront une infection cérébrale, tandis que 97 % ne présenteront aucun symptôme ou connaîtront cette phase grippale sévère, certes désagréable mais relativement brève » explique le spécialiste.
Mais lorsque le cerveau est atteint, les conséquences peuvent être lourdes. L’encéphalite peut notamment laisser des problèmes de mémoire, des crises récurrentes, des difficultés de concentration ou une grande fatigue.
42 jours dans le coma et des séquelles
Pour Victoria, les conséquences de cette infection ne se sont pas arrêtées à sa sortie du coma. Elle a notamment souffert de problèmes de mémoire et de nouvelles crises d’épilepsie. Ses difficultés ont également eu des conséquences très concrètes sur sa vie professionnelle. Elle a en effet dû abandonner son emploi en raison des symptômes invalidants : assistante pédagogique dans une école, elle était incapable de se rappeler du nom des enfants ou de ses collègues. « Des troubles de mémoire toujours présents aujourd’hui » explique-t-elle à la BBC.
Elle prend désormais entre 15 et 18 comprimés par jour et a dû mettre en place des stratégies pour se souvenir de certaines tâches de la vie quotidienne. Ses crises d’épilepsie nocturnes sont heureusement moins fréquentes qu’auparavant.
Comment éviter les tiques pendant les vacances ?
Le risque d’encéphalite à tiques varie fortement selon les régions. Le virus circule notamment dans certaines parties de l’Europe et de l’Asie. Pour les personnes qui partent en vacances et prévoient des activités en extérieur dans une zone où le risque est important, une vaccination peut être recommandée.
Sur place, quelques précautions permettent surtout de réduire le risque de morsure de tiques. Les autorités sanitaires recommandent notamment de porter des vêtements couvrants, d’utiliser un répulsif adapté et de rester autant que possible sur les chemins dégagés. Après une sortie, il faut inspecter attentivement la peau et si une tique est accrochée, elle doit être retirée rapidement à l’aide d’une pince fine ou d’un outil spécialement conçu pour cela, en la saisissant au plus près de la peau puis en tirant doucement vers le haut. Après le retrait, il faut nettoyer la zone infectée et les mains.
Enfin, une fièvre, des symptômes grippaux, des maux de tête ou, surtout, des symptômes neurologiques après une morsure de tique ou un séjour dans une région où elles sont présentes doivent conduire à demander rapidement un avis médical.