Les raisons des forfaits diffèrent. L’Espagnol préfère prolonger sa convalescence après sa blessure au poignet droit et ne reprendra pas avant Cincinnati, voire directement à l’US Open. L’Italien et le Serbe ont, eux aussi, choisi de faire l’impasse sur Montréal afin de concentrer leur préparation sur la suite de la tournée nord-américaine. Résultat : Alexander Zverev a hérité du statut de tête de série numéro un et devient le principal favori d’un tableau privé de ses trois plus grandes têtes d’affiche.

Sinner, Alcaraz et Djokovic privilégient leur préparation pour l’US Open.

Ces absences ont relancé le débat sur les obligations des meilleurs joueurs. Les organisateurs du tournoi canadien réclament un durcissement des sanctions financières pour limiter les forfaits de convenance. Une idée que Zverev juge inefficace. « Vous croyez vraiment que Novak se souciera d’une prime de fin d’année ou d’une amende ? Je pense qu’il a largement assez d’argent pour ne pas se préoccuper de 50 000 dollars de plus ou de moins sur un compte en banque qui totalise plus de 400 millions. »

Selon le dernier lauréat de Roland-Garros, la question dépasse largement le cadre financier : lorsque des joueurs comme Djokovic privilégient désormais les Grands Chelems et quelques rendez-vous ciblés, aucune amende ne modifiera leurs priorités. Le véritable problème est ailleurs.

Highlights: Zverev Raises Second Masters 1000 Title Montreal 2017 - YouTube thumbnailWatchLe format en douze jours divise

Depuis son passage au format de douze jours, le Masters 1 000 du Canada souffre plus que d’autres de sa place dans le calendrier. Installé juste après la courte pause estivale et avant Cincinnati, il oblige les meilleurs à enchaîner deux Masters 1 000 quasiment sans interruption avant l’US Open. Un tunnel de plusieurs semaines qui pèse sur des organismes déjà fortement sollicités après Wimbledon et la saison sur gazon.

Cette nouvelle formule crée même une situation ubuesque : Cincinnati débute alors que Montréal n’a pas encore rendu son verdict. Pour les joueurs, la gestion des déplacements, de la récupération et de la préparation devient un véritable casse-tête. « Deux Masters 1 000 de deux semaines avant un Grand Chelem, c’est tout simplement trop long », expliqua Zverev. « Avant, je pouvais encore jouer davantage de tournois ATP 500 ou 250. Aujourd’hui, on passe tellement de temps loin de chez soi que ce n’est plus possible. »

L’ancien champion olympique a reconnu avoir sérieusement envisagé de faire l’impasse sur Montréal avant de finalement décider de participer afin d’accumuler des matchs. Un aveu révélateur de l’évolution du circuit : même les meilleurs réfléchissent désormais à chaque déplacement en fonction de la charge de travail qu’il représente.

Le malaise est d’autant plus profond qu’il ne date pas d’hier. En 2025 déjà, Sinner, Alcaraz et Djokovic avaient tous fait l’impasse sur le tournoi canadien. Novak Djokovic n’y est plus apparu depuis 2018 tandis que Carlos Alcaraz n’y joue plus depuis 2023. Pour un tournoi qui fait partie des neuf Masters 1 000 et qui constitue l’une des plus anciennes épreuves du circuit, cette répétition de forfaits fragilise inévitablement son attractivité.

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J’aurais vraiment préféré que tous les meilleurs soient là. »

Félix Auger-Aliassime en mesure toute la portée. Le Canadien, propulsé tête de série numéro deux grâce aux forfaits, préfère pourtant voir le verre à moitié vide. « J’aurais vraiment préféré que tous les meilleurs soient là », confiait-il. Lui qui habitait à quelques minutes du stade lorsqu’il était enfant sait l’importance de voir évoluer les plus grands champions devant le public canadien. « Quand on les voit en vrai, cela les rend plus accessibles. Cela donne envie de croire que c’est possible. » Son regret dépasse donc le simple enjeu sportif : c’est toute la dimension populaire et inspirante de l’événement qui s’en trouve affaiblie.

Spain's Carlos Alcaraz celebrates a point against Monaco's Valentin Vacherot during the Monte Carlo ATP Masters Series Tournament semi-final tennis match on Court Rainier III at the Monte-Carlo Country Club in Roquebrune-Cap-Martin, south-eastern France on April 11, 2026. (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)Spain's Carlos Alcaraz celebrates a point against Monaco's Valentin Vacherot during the Monte Carlo ATP Masters Series Tournament semi-final tennis match on Court Rainier III at the Monte-Carlo Country Club in Roquebrune-Cap-Martin, south-eastern France on April 11, 2026. (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)Carlos Alcaraz n’a pas fait le déplacement au Canada car il est encore en train de ménager son poignet. ©AFP or licensorsUne réforme en 2028

Consciente que le problème est désormais structurel, l’ATP travaille sur une profonde refonte de son calendrier à partir de 2028. Plusieurs scénarios sont à l’étude afin de mieux répartir les Masters 1 000, de réduire les périodes d’enchaînement et de redonner de la cohérence à la saison. L’objectif est clair : préserver la santé des joueurs tout en garantissant aux plus grands tournois la présence des meilleures têtes d’affiche.

Les idées de Novak Djokovic pour rendre le tennis plus dynamique.