Il y a parfois, derrière une règle administrative, une contradiction difficile à défendre. Celle du permis théorique en est une. Depuis 2016, un candidat qui ne maîtrise pas suffisamment l’une des trois langues nationales ne peut plus être accompagné d’un interprète pour passer son examen. Une mesure qui se voulait sans doute garante d’une meilleure compréhension, mais qui a aussi créé une barrière supplémentaire pour une partie de la population.

Le combat mené par l’avocate Felicia Postaru, qui milite via une pétition pour un examen dans d’autres langues, est donc légitime : que cherche-t-on réellement à évaluer lors d’un examen théorique ? La capacité à parler correctement l’allemand, le français ou le néerlandais ? Ou la maîtrise du Code de la Route ?

Permis de conduire interdit de l’autre côté de la frontière

Alors que des milliers d’étrangers viennent s’installer chaque année en Belgique – à des fins privées ou professionnelles -, leur demander de maîtriser immédiatement l’une des langues nationales est une ineptie totale. Notamment car leur intégration sociale passera par une intégration professionnelle. Or, sans permis de conduire, beaucoup d’offres d’emploi se refuseront à eux.

Bien sûr, l’apprentissage du français ou du néerlandais doit rester un objectif. Mais faut-il en faire une condition préalable à tout le reste ?

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