Sur les cordes tendues entre les murs de la Villa Puebla à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), ses toiles sont suspendues comme du linge au soleil. Laurent Corvaisier a choisi la légèreté pour habiter le lieu. « Il n’y a pas de cloisons, pas de grands murs blancs. Je me suis dit qu’il fallait répondre à cet espace », explique le peintre.

À soixante ans passés, l’artiste havrais, exposé à Paris comme à l’étranger et illustrateur d’une soixantaine de livres, garde intacte la fraîcheur du petit garçon qui recopiait les animaux des calendriers de la Poste sur la table de la cuisine familiale.

Une fidélité à l’enfance

« Ce qu’on est profondément, on l’est depuis toujours », confie-t-il. Sa mère, convaincue très tôt du talent de son fils, portait ses gouaches à l’école primaire pour demander conseil. Cette confiance, il la porte encore.

Aux Arts décoratifs, ses carnets de dessin lui ouvrent la porte d’Albin Michel, où son premier livre naît d’un séjour au Sahara aux côtés d’un chercheur du CNRS. Il n’a que 24 ans, n’est pas encore diplômé, et déjà tout est joué : il sera peintre et illustrateur, sans plan B.

La couleur comme signature

Sa singularité, ce sont les autres qui la nomment. Son…