Peut-on faire confiance à Sam Altman, le patron derrière ChatGPT ? « Je ne pense pas qu’il soit le type qui devrait avoir le doigt sur le bouton »

OpenAI ambitionne depuis un petit temps de se lancer sur le marché des produits connectés. En mai 2025, l’entreprise a d’ailleurs racheté pour 6,5 milliards de dollars io Products, la société montée autour de Jony Ive, l’ancien patron du design d’Apple, et de Tang Tan, afin de développer de futurs appareils centrés sur l’IA. Apple rappelle aussi que plus de 400 de ses anciens employés travaillent désormais chez OpenAI.

OpenAI retourne les échanges contre Apple

Face à ces accusations, OpenAI dément mais pas que. L’entreprise publie des courriels d’avocats, des iMessages entre ingénieurs et des captures d’écran. « Il suffit de lire les e-mails », lance l’entreprise dans son billet.

C’est surtout sur ce point que les documents publiés par OpenAI placent Apple dans une position inconfortable. La marque à la pomme assurait avoir pris contact pour signaler des soupçons de transmission de secrets industriels dès février sans recevoir de réponse. Selon OpenAI, ses avocats avaient en réalité écrit à la mauvaise personne après « avoir confondu deux noms de famille asiatiques ».

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C’est très inhabituel, retirez-moi de cette conversation »

Ils auraient ensuite affirmé avoir parlé au directeur juridique d’OpenAI, Che Chang. Sauf que cet appel n’a jamais eu lieu. Les avocats d’Apple ont fini par reconnaître leur erreur et indiqué qu’ils étaient en train de « régler les éventuels problèmes ». Puis silence pendant cinq mois, jusqu’au dépôt de la plainte.

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Le cas de Chang Liu est plus compliqué. Apple lui reproche d’avoir gardé du matériel interne et d’avoir encore consulté certains fichiers après son départ, en janvier 2026. OpenAI admet que des accès sont restés ouverts, mais renvoie la faute à son adversaire. D’après les messages publiés, des salariés d’Apple ont eux-mêmes demandé à leur ancien collègue de retrouver des documents et de répondre à des questions techniques.

Le 5 mars, Chang Liu est même ajouté à une discussion portant sur un sujet interne. Une conversation à laquelle il coupe court : « C’est très inhabituel, retirez-moi de cette conversation ». Pour OpenAI, cet épisode montre surtout qu’Apple gère mal la fermeture des accès lorsque des employés s’en vont.

Tang Tan, lui, est soupçonné d’avoir emporté des documents en quittant Apple en 2024 et d’avoir cherché d’autres informations auprès de candidats venus de son ancienne entreprise. OpenAI assure que son responsable du matériel, resté 24 ans chez Apple, a toujours demandé à ses équipes de ne jamais utiliser les données confidentielles d’un concurrent.

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« Nous n’avons ni ne voulons aucun de leurs secrets industriels », assure en tout cas l’entreprise. Elle juge donc inutile l’injonction réclamée par Apple, qui veut lui interdire, ainsi qu’aux deux anciens salariés, d’accéder à ces informations ou de les utiliser.

Les échanges publiés donnent du poids à certains arguments d’OpenAI. Ils ne permettent pas pour autant de savoir si des documents protégés ont réellement été emportés ou exploités. Le juge devra trancher.