Les traumatismes psychologiques peuvent être à l’origine de souvenirs intrusifs et avoir des répercussions sur la santé mentale et physique, en entraînant notamment un trouble du stress post-traumatique (TSPT). Cependant, “malgré la prévalence mondiale des traumatismes, il n’existe pas d’interventions fondées sur des données probantes et applicables à grande échelle” soulignent des chercheurs britanniques et suédois, dans une nouvelle étude.
Face à ce constat, ils se sont intéressés aux bénéfices d’une méthode pour réduire la fréquence des souvenirs intrusifs appelée “Imagery Competing Task Intervention” (ICTI) – que l’on pourrait traduire par “intervention par tâche concurrente d’imagerie mentale” – et impliquant l’utilisation du célèbre jeu vidéo Tetris. Leurs résultats sont parus dans la revue The Lancet Psychiatry.
Cette méthode impliquant le jeu Tetris permet d’atténuer les souvenirs intrusifs
Dans le cadre de ces travaux, les chercheurs ont suivi 99 professionnels de santé qui avaient été exposés à des traumatismes pendant la pandémie de Covid-19 et les ont divisés en trois groupes. Dans l’un des groupes, les participants devaient écouter de la musique de Mozart, réputée pour ses vertus thérapeutiques contre le stress, ainsi que des podcasts informatifs à ce sujet. Dans un autre, les participants ont reçu des soins classiques. Dans le dernier groupe, les volontaires ont appliqué la méthode ICTI, en procédant de la façon suivante :
ils devaient décrire leurs souvenirs en quelques mots seulement, sans décrire leur traumatisme en détail ;
ils devaient ensuite réaliser une tâche visuelle exigeante, à savoir jouer au jeu vidéo Tetris pendant 20 minutes, en appliquant une méthode appelée “rotation mentale”, inhérente à Tetris. Cela consiste à imaginer à quoi ressemblerait un bloc qui tombe s’il était tourné dans un autre sens.
Le fait d’associer la description d’un souvenir traumatisant à une tâche visuelle exigeante, comme le jeu Tetris par exemple, permettrait de détourner notre attention dudit souvenir.
70% des participants n’avaient plus de souvenirs intrusifs au bout de 6 mois
Cette méthode est-elle réellement efficace ? Alors qu’au début de l’observation, tous les participants indiquaient avoir environ une dizaine de souvenirs intrusifs par semaine, ceux du groupe ayant appliqué la méthode ICTI ont expliqué ne présenter plus que 0,5 souvenir intrusif hebdomadaires au bout d’un mois. Ce n’était pas le cas des participants des deux autres groupes témoins, qui indiquaient avoir environ cinq souvenirs intrusifs par semaine. Au bout de 6 mois, 70% des participants ayant appliqué la méthode ICTI ont déclaré n’avoir plus aucun souvenir intrusif.
Ces résultats marquent ainsi “un tournant dans la mise au point d’un traitement solide et fondé sur des preuves”, a commenté la professeure Emily Holmes, qui a participé à l’étude. “Notre vision est celle d’une intervention rapidement déployable en situation de crise, sûre, fondée sur des données probantes et capable d’aider toutes les personnes touchées par un traumatisme », a-t-elle ajouté.
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