14h02: Les streamers Naruto et Safine, qui animaient la chaîne internet sur laquelle Jean Pormanove, un autre streamer, est mort en direct l’été dernier, ont été condamnés à des peines de prison avec sursis pour des violences et humiliations en ligne illustrant les dérives de certaines plateformes.

Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 15.000 euros d’amende tandis que Safine Hamadi, dit Safine, 24 ans, est condamné à 18 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende.

Une peine de « bannissement numérique » de six mois a également été prononcée, soit une interdiction de publier sur les plateformes en ligne durant cette durée.

11h30: La mort de «JP» avait suscité un véritable effroi en France et à l’étranger. Le tribunal correctionnel de Nice doit rendre son délibéré, ce mercredi 5 août à 13h30, à l’encontre des streamers Naruto, 27 ans, et Safine, 24 ans, jugés tous les deux pour avoir mis en place «un système de maltraitance» avant la mort en direct, en août 2025, de Jean Pormanove sur la plate-forme Kick.

Concrètement, ils sont poursuivis pour les violences et les humiliations qu’ils auraient infligées à Jean Pormanove au cours de milliers d’heures de diffusion en direct sur Twitch, puis sur Kick, entre 2023 et 2025.

Une seconde victime figure également dans ce dossier : Stéphane G., alias «Coudoux», un quadragénaire placé sous curatelle. Ainsi, les deux prévenus avaient comparu le 7 juillet dernier devant la justice.

A l’encontre d’Owen Cenazandotti, alias Naruto, la procureure Maud Marty a requis 30 mois de prison dont un an ferme à domicile avec bracelet électronique et 30.000 euros d’amende. Contre Safine Hamadi, dit Safine, la magistrate a demandé 18 mois avec sursis probatoire et 15.000 euros d’amende.

Concernant les peines complémentaires, la procureure Maud Marty a requis un «bannissement numérique» des deux hommes. Cela veut dire que Naruto et Safine seraient interdits à vie de publier sur les plates-formes.

Au cours de cette même audience, des images ont été diffusées devant le tribunal correctionnel de Nice. Celles-ci montraient, selon l’AFP, Jean Pormanove et Coudoux recevoir des gifles, des coups de pied, de fouet ou de batte de baseball. JP recevait également des œufs sur la tête, des seaux d’eau, des insultes, au son d’une petite chanson «JP veut pas d’ça».

Pour la procureure, il s’agit d’un «système de maltraitance humaine, pas un dérapage ou une provocation», car «les violences sont le programme, elles font le scénario». Et «le simple fait que la mort (de JP : ndlr) soit survenue en live traduit la dérive», a-t-elle dit.

Les streamers se sont défendus en expliquant que le concept de leur chaîne reposait sur un principe simple : quand JP s’énerve, il devient drôle. Par conséquent, tous les scénarios étaient envisagés pour provoquer ses colères fulgurantes, aussi vites éteintes, «dans la bonne ambiance», avait assuré Naruto.