Les salaires des politiques. Un sujet qui ne laisse personne indifférent et une de vos thématiques préférées, chers lecteurs : on parle ici (avant tout) d’argent public et il n’est pas illégitime de s’y intéresser alors que ces mêmes politiques demandent souvent aux Belges de faire des efforts… En attendant de voir les effets positifs de la réforme fiscale qui ne seront vraiment concrets que dans trois ans.
Documents officiels
Nous ne prétendons pas que les montants donnés ici reflètent la réalité à quelques dizaines d’euros près, mais ils sont, bien sûr, fiables puisqu’ils se basent sur des documents officiels, sur des données budgétaires, sur les statuts réactualisés de parlementaires ou sur ce que déclaraient ces mandataires à la Cour des comptes, même si cela remonte à deux ans.
Les salaires très fluctuants des présidents de parti
Par D.SW.
Yvan Verougstraete est rémunéré pour son mandat de député européen, pas pour la présidence des Engagés. – Photo News
Il n’est pas toujours si simple de se faire une idée précise de ce que touche un président de parti…
Le salaire des présidents de parti est sans doute le plus difficile à appréhender. Prenons l’exemple des Engagés : dans sa déclaration à la Cour des comptes, en 2024, Maxime Prévot (qui n’était alors pas encore ministre) déclarait plus de 400.000 € de rémunérations (il était aussi bourgmestre de Namur et député fédéral. Comme il s’agit souvent de fourchettes, cela pouvait même être plus) dont 200.000 € comme président du parti. Son successeur, Yvan Verougstraete, n’est plus payé comme président, mais avec son salaire de député européen, il n’est, bien sûr, pas à plaindre.
« Meilleurs ennemis »
Du côté du MR, Georges-Louis Bouchez a souvent dit que son salaire de président (il est aussi député fédéral) équivalait à la rémunération d’un ministre ou vice-Premier ministre, ce qui semble se vérifier.
Et qu’en est-il de son « meilleur ennemi », le président du PS, Paul Magnette ? Sa rémunération n’est pas si simple à appréhender. En 2022, il déclarait une rémunération de président arrondie à 200.000 €. Il était aussi bourgmestre de Charleroi (100.000 €) et prof à l’ULB (entre 5.919 et 11.838 €). En 2024, en plus de sa rémunération en tant que bourgmestre et député, il renseignait une fourchette pour son salaire de président, allant de 61.302 à 122.602 €. C’est là-dessus que nous nous sommes basés pour estimer son salaire, ce qui explique le différentiel dans notre infographie.
La même année, ni Sophie Rohonyi (présidente de DéFI), ni Raoul Hedebouw (président du PTB) ne renseignaient le moindre euro de salaire en tant que président(e), mentionnant principalement leur salaire de parlementaire.
Chez Écolo, c’est 12.000 brut
Quid des coprésidents d’Écolo ? Interviewé sur RTL-TVI, il y a quelques semaines, Gilles Vanden Burre révélait un salaire aux alentours de 12.000 € brut par mois.
Précisons aussi que les présidents peuvent gonfler leur salaire avec d’autres prestations : professeur, conseiller communal, conférencier, etc. Des élus locaux inconnus du grand public mentionnent aussi un emploi privé (médecin…), ce qui leur permet parfois d’atteindre des rémunérations annuelles bien plus importantes que celles citées ici.