Figure locale dont l’œuvre reste pour beaucoup à découvrir, Gilbert Ganteaume a habitué le public ciotaden à lui donner rendez-vous pour sa biennale à la chapelle des Pénitents bleus. Une façon pour l’artiste du pays de montrer ses nouvelles créations, toujours surprenantes, tant dans le thème que la forme. Cette année, c’est l’association Ganteaume, artiste de la matière (GAM), qui s’est formée il y a deux ans pour mieux faire connaître son œuvre, qui a pris en main l’organisation de cette exposition, conjointement avec le service de la culture. Rencontre avec la commissaire d’exposition Dominique Payen et Marc Le Chartier, qui a écrit les textes autour des œuvres.
Qu’évoque le titre de l’exposition, « Né de l’acier » ?
Gilbert Ganteaume est un enfant du pays des années 1930, époque où La Ciotat vivait au rythme de ses chantiers navals avec ses 6 000 ouvriers. S’il s’est ouvert à l’art dans les années 1960, le creuset de son inspiration sont les chantiers où il est entré à l’âge de 14 ans, travaillant au cœur de ces navires d’acier, dans une épaisseur et un gigantisme qui se manifeste dans nombre de ses tableaux ou sculptures.
Quelle est la place de Ganteaume à La Ciotat ?
Majeure. Un doyen ! Les galeries d’art n’existaient pas à La Ciotat quand il a fait ses premières expositions. En 1968-69, il montra ses premières créations lors de soirées pluriculturelles, à la salle Pelloutier, place Castel (qui a été remplacée par une résidence), puis à la salle des fêtes Jean-Graille (détruite aussi pour laisser place au grand hôtel en construction). Ganteaume a su affirmer son style, né d’une vie à La Ciotat, et la ville admirative s’est adressée à lui pour l’édification de plusieurs monuments publics : hommage aux ouvriers, à la résistance, aux soldats du feu, à la paix, au cinéma, le triptyque de l’église…
Comment peut-on définir Ganteaume ?
Autodidacte, Ganteaume s’est nourri inlassablement de visites d’expositions d’art contemporain, et sa sensibilité a apporté une touche constamment renouvelée à ses peintures ou sculptures, c’est ce qui épatait ses fidèles habitués. On aime ou pas, mais on apprécie ce talent inventif, toujours en lien avec le berceau de ses origines. Avec un travail sur la matière certain, et souvent l’inclusion d’objets. C’est pourquoi nous avons choisi ce titre pour l’association créée pour la promotion de son œuvre : « Ganteaume, artiste de la matière » (GAM).
Chapelle des Pénitents bleus, du 7 août au 5 septembre. Vernissage le 6 août à partir de 18h30. Ouvert de 10h à 13h et de 16h à 20h, du mardi au samedi.