Il a mouillé la chemise au sens propre comme au figuré. Deux ans après son passage aux Nuits de la guitare, à Patrimonio, Christophe Maé a de nouveau saisi l’occasion de se produire sur une scène corse. Cette année, il est la tête d’affiche de la 24e édition de Porto Latino. Une date très attendue par ses fans.

En première ligne, Laetitia et Marie, sont arrivées d’Ajaccio à 17h30. Elles subissent la chaleur mais pas question pour les deux femmes de ne pas être au plus près de leur idole, qu’elles suivent depuis ses premières apparitions dans la comédie musicale Le Roi Soleil. « Il est égal à lui-même, bon vivant », lance Marie. « Il est indémodable, il arrive toujours à se renouveler », complète Laetitia qui attend d’entendre pour la première fois la version live de Fête foraine, l’une des chansons de son dernier album du même nom.

Son producteur rencontré en Corse

C’est justement avec cette musique qu’il entame son concert aux alentours de 23 heures, après les passage des premières parties Anima et Calle Mambo. « Comme c’est bon d’être chez vous », s’exclame le chanteur avant de rappeler son attachement particulier à la Corse. « Il y a 25 ans, je mettais un premier pied sur cette île. Je jouais dans les clubs. Un jour, un gars m’a tapé sur l’épaule et m’a dit de venir chanter dans sa boîte, c’était chez TAO, à Calvi. » Cette année-là, il rencontre son producteur, Dove Attia mais également son épouse. Depuis, la Corse est, comme il la nomme, sa « terre de cœur ».

Fête foraine, La lune puis l’incontournable J’ai laissé qui date de 2010 mais dont les premiers mots « J’avoue, c’est pas le bonheur » ont récemment fait l’objet d’une tendance sur les réseaux sociaux… Christophe Maé enchaîne les titres et communie avec un public multigénérationnel : « Ça, c’est du 2007, toi, dans les bras de ton papa, tu n’étais pas là », dit-il en interpellant une enfant venue assister au concert avec son père. Peu importent les âges, les milliers de personnes réunies dans le parc de la citadelle connaissent bien son répertoire. Au milieu de Belle demoiselle, il interrompt la chanson et s’émerveille face à la foule : « Je m’attendais à ce que vous chantiez le refrain. Mais là, non seulement vous chantez le couplet mais aussi les vibes ! »

Energie communicative

Il entraîne les 4000 personnes présentes à danser la salsa sur une version espagnole d’Il est où le bonheur puis émeut les festivaliers sur Bouquet de rose, aidé par les notes de violon de Marielle de Rocca Serra, une musicienne insulaire.

Enfin, au milieu du concert, il rappelle son âge en chantant 50 ans déjà bien que le jeu de jambes qui le caractérise soit toujours aussi dynamique. 

Environ 4000 personnes étaient attendues pour le concert de Christophe Maé.Environ 4000 personnes étaient attendues pour le concert de Christophe Maé. Angèle RICCIARDI

Dans l’auditoire, Camille se laisse entraîner par l’énergie communicative du chanteur. C’est la deuxième fois qu’elle vient le voir en festival : « Je voulais revenir cette année parce que j’ai adoré son dernier album. Et puis il est tellement solaire… »

Le spectacle touche à sa fin et a permis à Amandine, qui l’écoute depuis son enfance, de « revivre des souvenirs ». Mais pas question de quitter la scène sans mettre un coup de projecteur sur les petites mains du festival. « On arrive ici à la dernière minute, on est chouchouté, souligne Christophe Maé. Alors un grand remerciement aux bénévoles qui travaillent dans l’ombre », lance-t-il en les invitant à monter sur scène et à danser et chanter avec lui. Puis, s’adressant au public : « Au moins vous voyez l’envers du décor dans la lumière. »

Les deux prochaines semaines à Porto-Vecchio

Une heure du matin. En backstage, Christophe Maé prend le temps de faire une pause cigarette après ses deux heures de concert. A-t-il trouvé le bonheur sur la scène de Porto Latino ? « Forcément, il était bien là ce soir », répond le chanteur à Corse-Matin à sa sortie de scène.

« Il y a quelque chose ici qui me ramène à une certaine nostalgie parce que tout s’est ouvert à moi. Et quand tu rentres sur scène, tu sens que rien n’est acquis. Je le ressens partout, mais ici plus qu’ailleurs : les 2-3 premiers morceaux, tu n’es pas à la maison et d’un coup l’atmosphère se réchauffe et la magie opère. »

D’une part, grâce aux musiciens qui l’accompagnent. Corse, Cuba, Togo, Martinique… « Moi, je fais ma variété française mais agrémentée de ces couleurs très solaires. Et c’est la première fois je crois que je me retrouve sur scène avec autant de talent au m2. » D’autre part, parce que son dernier album « parle aussi bien aux ados qu’aux parents ». Ce soir, « j’ai vu deux, voire trois générations. On grandit ensemble depuis une vingtaine d’années. J’ai l’impression de faire partie de la famille, d’être à l’arrière de la bagnole sur le chemin des vacances ». 

Vacances qu’il peut enfin s’octroyer puisque ce concert était le dernier de sa tournée d’été des festivals. « Je calcule bien mon coup, rit-il. Au moins je reste deux semaines à Porto-Vecchio et j’en profite en famille avant de reprendre la tournée des zéniths à la rentrée. » Et en Corse, reviendra-t-il ? « Ah ! Si on me tend la perche ! »