La vieille R5 rouge est prête. Au volant, Léa Drucker attend le top départ pour démarrer. Et voilà l’actrice deux fois césarisée qui débarque devant l’école pour y récupérer le garçon de huit ans qui jouera son fils à l’écran.
Ce mercredi 5 août 2026, la scène va se rejouer une fois, deux fois, trois fois… sous l’œil attentif de Simon Helloco, réalisateur breton qui tourne son premier long-métrage, intitulé « Les Neiges de Grenade », et de toute son équipe. Mais aussi de quelques curieux qui profitent de cette aventure peu commune : le tournage d’un film pendant cinq semaines à Callac (22), cette petite commune de 2 312 habitants située à mi-chemin entre Guingamp et Carhaix.
L’envers du décor
« C’est génial de pouvoir voir tout ça, de découvrir tout ce qu’il y a derrière la production d’un film », se réjouit Pauline Le Guenniou. La commerçante, qui tient le magasin Inao Chaussures situé à deux pas, a baissé le rideau pendant une dizaine de minutes pour assister au tournage avec ses deux filles de 11 et 13 ans. « On a croisé des gens de l’équipe du film super accessibles et ils nous ont dit qu’il ne fallait surtout pas qu’on hésite à venir les voir ».
Avec « Les Neiges de Grenade », le réalisateur d’origine bretonne, Simon Helloco, tourne son premier long-métrage. Entre chaque prise, il échange ses impressions avec sa scripte, Aurélie. (Photo Julien Molla/Le Télégramme)
D’abord en plan large, la scène est désormais rejouée en caméra à l’épaule. Entre chaque prise, Simon Helloco échange avec Léa Drucker et l’actrice espagnole Victoria Luengo, prodigue des conseils au jeune acteur. Le réalisateur, originaire de Plouguenast (22), discute aussi beaucoup avec son équipe.
On refleurit les trottoirs
L’organisation est millimétrée. Chacun y a son rôle – de l’équipe caméra à l’équipe son en passant par la maquilleuse ou l’accessoiriste. Pendant les prises, Aurélie, la scripte, s’installe dans une petite tente sombre, les yeux fixés sur le retour écran. « Elle vérifie la bonne continuité des scènes, le minutage, qu’il n’y ait pas de faux raccords », expliquent les coproducteurs du film.
Ce mercredi après-midi, la scène devant l’école de Callac va être rejouée plusieurs fois. En plan large, en caméra à l’épaule… « Une journée de tournage, c’est deux ou trois minutes utiles à l’écran », rappellent les coproducteurs du film. (Photo Julien Molla/Le Télégramme)
Rien n’est laissé au hasard. Avant le tournage, l’équipe décoration a refait l’entrée de l’école et a repeint la porte du garage voisin. Juste avant le « ça tourne », les abords ont été « refleuris » avec des mauvaises herbes trouvées aux alentours.
Sur le tournage, rien n’est laissé au hasard. Ce mercredi après-midi, les trottoirs devant l’école de Callac sont refleuris pour le tournage d’une scène. (Photo Julien Molla/Le Télégramme)Les vieilles voitures font la figuration
« Quand on voit un film à l’écran, on n’imagine pas toute la fourmilière qu’il y a derrière », sourit Céline. De la place de l’église où elle est assise avec Stéphane, elle ne loupe rien du tournage. Les deux Callacois s’amusent à l’idée qu’une petite part d’eux passera à l’écran. Car si aucun figurant n’est nécessaire ce mercredi, le réalisateur avait besoin de vieilles voitures en arrière-plan. Leur 106 est garée à côté d’une Mercedes 300 TD Bordeaux pour plonger le spectateur dans le centre-Bretagne des années 90 pendant lesquelles se déroule une grande partie du film.
Céline, Stéphane et Jérôme sont ravis de voir leurs vieilles voitures apparaître dans le film « Les Neiges de Grenades » dont la sortie sur les écrans est espérée à l’automne 2027. (Photo Julien Molla/Le Télégramme)
« C’est par là le tournage ? ». Au bout de la place, ces touristes rennais et réunionnais, de retour de la Vallée des Saints, viennent faire leurs curieux. « C’est la patronne du café qui nous a dit qu’il y avait un tournage avec Léa Drucker ». En attendant la sortie en salles, espérée pour l’automne 2027, Callac va continuer à vivre au rythme de cette parenthèse cinématographique.