Cette sculpture se dresse sur la presqu’île du Korejou, à l’est de la commune de Plouguerneau (Finistère). Face à la mer et non loin d’un four à goémon, ce calvaire raconte « des centaines d’histoires » à travers 150 sculptures réalisées à ce jour, raconte l’artiste François Breton.
200 sculptures à rajouter
Elles constituent autant de scènes de vie d’un pays tourné vers la mer, entre goémoniers, pêcheurs, ex-votos et paysans. Ces histoires humaines sont partout : dans le bas-relief de la grande masse granitique, dans les sculptures de pierre et de bois qui entourent la sculpture centrale, tel un enclos.
Ce natif de Plouguerneau a démarré son œuvre il y a vingt ans. À l’époque, il compte y travailler une dizaine d’années. Puis le projet évolue et il s’agit désormais d’une création perpétuelle, toujours en progression. « J’ai en tête 200 sculptures à rajouter », dit malicieusement François Breton, soixante-dix ans cette année.
« Cette sculpture n’est pas sacrée »
Dans son cheminement artistique sur le calvaire de l’Estran, il se nourrit le matin des multiples dessins qu’il couche sur le papier – il en compte près de 30 000 chez lui — avant d’aller gratter et tailler l’après-midi le granit et la pierre de Kersanton.
Bien qu’il porte le nom de calvaire, l’œuvre de François breton ne fait aucunement référence au catholicisme. « Cette sculpture n’est pas sacrée, elle est le fruit de l’intelligence de l’homme ». Elle est publique, c’est-à-dire pour tous.
L’artiste a toujours refusé les commandes de personnes privées souhaitant posséder une de ses sculptures. Ne comptez pas voir François Breton travailler son œuvre cet été. Aux beaux jours, l’artiste range ses outils et s’en va naviguer.