La sculpture d’Elie Garro, haute de 3,80 m sur le rond-point du centre-ville de Peypin, réalisée par Jean-Luc Bibolini.

/ photo DR – Jean-Luc Bibolini

Impossible de ne pas la remarquer quand on passe à Peypin. La sculpture monumentale dédiée à l’ancien maire Elie Garro, de presque 4 m sur 15 mm d’épaisseur en acier brut découpé, est une œuvre d’art qui met en valeur à la fois la production artistique contemporaine et l’histoire locale, la mémoire des lieux et des gens qui vivent le territoire.

Elle a été réalisée par Jean-Luc Bibolini, un artiste sculpteur plasticien installé depuis peu à Fuveau, mais Peypinois de cœur. Il y est quasiment né, il y a grandi et vécu, et sa famille y est encore installée depuis des générations. Il façonne le métal, le bois et les matériaux de récupération pour questionner la société. Il expose régulièrement ses travaux lors d’événements culturels et répond à de nombreuses commandes aussi bien privées que publiques.

Installée sur le giratoire du centre-ville, sa sculpture interroge sans cesse. Si certains ont les clés de lecture de l’œuvre, d’autres, anciens ou nouveaux Peypinois, s’interrogent encore sur sa signification. L’œuvre semble abstraite et puis il suffit d’avoir le bon point de vue pour que tout se mêle entre interrogations, poésie et émotions, et qu’apparaisse de façon nette la silhouette du visage de l’ancien maire, Elie Garro, décédé en 2005.

« Elie Garro a marqué des générations de Peypinois »

En 2016, la mairie de l’époque propose à Jean-Luc Bibolini, qui participait régulièrement au Printemps des Arts (le rendez-vous culturel et artistique annuel de Peypin), de réfléchir sur une œuvre rendant hommage à ce maire d’un autre temps, « un maire pagnolesque qui en imposait » comme le décrit Jean-Luc qui « s’est même fait enguirlandé » par celui-ci lors de ses bêtises de jeunesse. C’est sans rancune et avec beaucoup d’émotions qu’il accepte le projet et l’offre à la commune. « Elie Garro a marqué des générations de Peypinois et certains s’en souviennent encore », d’où la forme très contemporaine de la sculpture, une façon de dire que la mémoire d’Elie Garro est encore bien vivante. Si la mairie de Peypin a vécu au rythme des chaises musicales pendant une période un peu tumultueuse, la mandature d’Elie Garro frôle les temps pharaoniques, 35 ans à la tête de la commune, de 1963 à 1998. La construction de la cathédrale de Chartres a demandé moins de temps !

L’artiste sculpteur plasticien Jean-Luc Bibolini dans son atelier.L’artiste sculpteur plasticien Jean-Luc Bibolini dans son atelier. / photo DR – Jean-Luc Bibolini

La sculpture chargée de symboles forts, comme le choix de l’acier brut – matériau de prédilection de l’artiste mais aussi difficile et exigeant – est une réponse à la robustesse et droiture de l’ancien maire. Une œuvre qui relève le défi technique et artistique de redonner vie à un homme à partir d’une seule et unique photo, en jouant sur les vides et les pleins pour que le visage apparaisse de façon contemporaine, grâce à un seul point de vue. Les zébrures métalliques, qui reviennent souvent chez l’artiste, s’élancent verticalement et créent un mouvement vers le ciel. « Symboles du parcours de l’homme, de son élévation et l’empreinte laissée derrière lui. Un lien poétique entre l’homme et la terre peypinoise où il a tant œuvré. »

Des sculptures sur tout le territoire

L’artiste peypinois exerce toujours et ses œuvres monumentales sont nombreuses sur le territoire proche et moins proche, sculpture de Jean Moulin à Cadolive, le saxophone du rond-point de Cavalaire, ou encore le Saint-Georges de Valence. Un artiste qui transmet également sa passion aux jeunes générations lors de visites de scolaires, et la réalisation d’atelier lié au projet « Les enfants de l’art récup ».

Son rêve ? Revenir dans son village de cœur, Peypin, y installer son atelier galerie et y créer un tiers-lieu, où sociabilisation, expression culturelle, partage et sensibilisation à l’art seraient au rendez-vous.

Renseignements sur Jean-Luc Bibolini : https://bibolini-jean-luc.webnode.fr/