Plongée dans l’extrémisme nihiliste, cette nouvelle menace qui pèse sur la Belgique
Depuis deux ans maintenant, l’Ocam identifie cette mouvance comme une présence structurelle sur notre territoire. Le phénomène est difficile à cerner parce qu’il ne repose pas sur une doctrine unique. Il emprunte ses modes de pensées et de fonctionnement aux idéologies masculinistes, au satanisme, à la culture du gore et des jeux ultra-violents ou encore aux communautés criminelles en ligne. Liste non exhaustive. Son seul véritable dénominateur commun est la destruction, sans autre finalité qu’amener nos sociétés au chaos total. Là où les terroristes « traditionnels » prétendent bâtir un « ordre nouveau », les nihilistes n’offrent que le vide. La violence devient une fin en soi. Les victimes, souvent des adolescents fragiles, sont manipulées, humiliées, poussées vers l’automutilation, la sextorsion ou l’agression d’autrui. Les plateformes numériques deviennent les incubateurs d’une radicalisation sans frontières, où la cruauté est récompensée comme un jeu.
Extrémisme nihiliste : les jeunes sont une cible prioritaire de cette « violence atroce »
Parce qu’elle est éclatée et largement virtuelle, cette menace reste sous le radar de l’opinion publique. Mais les signaux s’accumulent et les services de renseignement européens documentent maintenant l’émergence de réseaux capables de transformer des jeunes vulnérables en auteurs ou en victimes de violences extrêmes. C’est utile et bienvenu. Il serait imprudent d’attendre qu’un attentat spectaculaire révèle au grand public ce que les spécialistes observent déjà. Comprendre ce nouvel extrémisme, investir dans la prévention numérique, renforcer les capacités d’enquête et sensibiliser les citoyens ne relèvent pas de la dramatisation. C’est le minimum qu’impose une menace dont l’ambition est de dissoudre toute valeur commune, de nier l’existence même de toute forme d’humanité.