Dans la grande salle commune de l’EHPAD de Porto-Vecchio, les Jaguar passent de main en main. Des photos de belles cylindrées imprimées par Peggy, l’animatrice, pour faire plaisir à Paul, ancien mécanicien et passionné par la prestigieuse marque au félin. En ce vendredi 31 juillet, Paul célèbre ses 91 ans et Peggy, chargée de l’animation, a tout prévu pour que chacun puisse passer un bon moment. Ainsi va la vie à l’EHPAD porto-vecchiais, depuis que Peggy a été embauchée, puis Clara un an plus tard. Les deux animatrices œuvrent pour le plaisir des résidents et l’un d’eux, Jean-Augustin Tafani, ancien parmi les anciens, s’en est rendu compte : « Il y a beaucoup plus d’animations qu’avant. »

Mais que serait l’investissement de Peggy et Clara, aussi fort soit-il, dans un EHPAD décrépi, désuet et non fonctionnel ? Réduit à peau de chagrin. Consciente du travail à engager, la municipalité porto-vecchiaise a donné les premiers coups de pioche en 2021 et le chantier s’est poursuivi jusqu’à cet hiver. C’est d’abord l’aile est qui a été rénovée, puis l’aile ouest au coeur de l’été. Limité à accueillir 27 résidents durant les travaux, l’EHPAD porto-vecchiais se rapproche progressivement du maximum autorisé : 55 places. Huit résidents étaient jusqu’à maintenant hebergés à l’EHPAD de Bonifacio (qui dépend de la même direction). Ces Porto-Vecchiais ont pu ainsi être rapprochés de leurs familles. Et d’autres ont enfin quitté la liste d’attente sur laquelle ils étaient cantonnés. Pierre Canonici fait partie des nouveaux arrivants et à 95 ans, il se réjouit de la nouvelle vie qu’il vient d’entamer : « Je suis bien logé, je suis bien soigné. Tout est parfait. Mais ça a été long », confie, avec le sourire, ce natif de Lévie. Pourquoi a-t-il choisi de vivre en EHPAD ? « Je ne voulais pas embêter mes enfants avec ma vieillesse. »

« Maintenant, ils peuvent se déplacer tout seuls dans leurs chambres »

Pour Jean-Augustin Tafani, qui a connu l’établissement avant sa rénovation, le changement est tangible. « Il y a des appareils pour nous lever dans les chambres. Avant, il fallait le faire à la force des bras. » Autre amélioration cruciale en ces temps de canicule, chaque chambre est désormais équipée de l’air conditionné quand auparavant, il fallait jongler avec les ventilateurs. Mal agencées, les anciennes chambres devaient composer avec un espace cuisine au beau milieu de la pièce qui compliquait la déambulation, ce qui augmentait les risques de chute. « Maintenant, on est beaucoup plus sereines, confie Léa Cecchini, infirmière. Ils peuvent se dépacer tout seuls dans leurs chambres. » Des infirmières qui disposent d’une salle de soins rien que pour elles quand, précédemment, « on stockait notre matériel un peu partout ».