Le Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) de Quillan devrait fonctionner sans médecin urgentiste une partie de la journée du lundi 10 août. Une situation qui suscite la colère du maire de Quillan, Stéphane Peille, inquiet pour la prise en charge des urgences dans la Haute Vallée de l’Aude.

Le fonctionnement du Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) de Quillan sera de nouveau perturbé lundi 10 août. Faute de médecin urgentiste, l’antenne fonctionnera en procédure dégradée de 9 heures à 19 heures, avec une équipe paramédicale d’urgence, sous la régulation du Samu. Une situation qui fait réagir le maire de Quillan, Stéphane Peille.

« Encore une fois, ce sont les territoires ruraux qui doivent payer. Je comprends bien que la situation est compliquée, mais doit-on avoir encore un drame ? », déplore-t-il, faisant référence au décès en 2017 d’un homme âgé de 43 ans qui avait appelé les secours après un malaise, alors que le SMUR était justement en fonctionnement dégradé.

Il rappelle par ailleurs que le territoire couvre près de 1 300 km² et une centaine de communes. « Nous ne pouvons pas nous passer de médecin, déjà que la situation est tendue pour les généralistes », souligne-t-il.

Selon lui, plus de 30 000 habitants du Quillanais, du pays de Sault, de l’Axatois, du Chalabrais et de l’ancien canton de Couiza pourraient être concernés. « Pour les communes les plus éloignées, les délais d’intervention dépasseront deux heures. C’est impensable. Chaque année, c’est pareil et il n’y a aucune anticipation », appuie-t-il encore.

Stéphane Peille indique par ailleurs avoir écrit au président de la Communauté de communes des Pyrénées Audoises, aux maires du territoire, à la sous-préfecture et avoir sollicité un sénateur ainsi que le député afin de trouver une solution.

L’hélicoptère « privilégié » sur le secteur

De son côté, le directeur du centre hospitalier de Carcassonne, Jean-Marie Bolliet, confirme que le SMUR de Quillan fonctionnera en procédure dégradée lundi, mais tient à relativiser : « L’été est toujours une période compliquée avec les congés et des difficultés d’effectifs. Nous croisons ces contraintes avec la population présente sur le territoire et le nombre d’interventions pour prendre les décisions ».

Il rappelle que ce type de fonctionnement est loin d’être inédit. « À Castelnaudary, cela s’est produit quatorze fois depuis le début de l’été. À Quillan, ce sera la première fois cette année. » Selon lui, l’antenne quillanaise avait connu quatre journées en procédure dégradée en 2023, huit en 2024 et une seule en 2025. « À ce stade, aucune autre journée n’est programmée et cette organisation ne concernera que la journée. Le SMUR restera médicalisé la nuit. »

Pour limiter les conséquences, le directeur précise que « l’hélicoptère sera privilégié sur le secteur lundi » afin d’assurer les prises en charge les plus urgentes.