Adrien Mouchet

Par Adrien Mouchet

Publié le 07 août à 15h49

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À Liège, la découverte de deux adolescentes de 17 ans relance les inquiétudes sur l’exploitation sexuelle des mineures, un phénomène qui touche des filles dès 13 ans.


La découverte de deux adolescentes de 17 ans dans un appartement loué via Airbnb à Liège remet en lumière le phénomène de l’exploitation sexuelle des mineures.


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Pour Christian Meulders, directeur de l’ASBL Sürya, service spécialisé dans l’accompagnement des victimes de traite des êtres humains, ce type de situation est loin d’être exceptionnel.



« Ce sont des situations qu’on rencontre malheureusement de plus en plus chez nous depuis quelques mois », explique-t-il. Sürya est notamment confronté à des jeunes en fugue depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, qui se déplacent en Belgique ou à l’étranger.

Et les victimes peuvent être particulièrement jeunes. « Généralement, ce sont des filles et elles sont de plus en plus jeunes. On est interpellé parfois pour des jeunes filles de 13, 14 ou 15 ans », souligne Christian Meulders.

« Ce sont des proxénètes, point final »

Selon le directeur de Sürya, les adolescents en situation d’errance peuvent constituer des proies faciles. Les réseaux sociaux peuvent notamment servir à établir le contact. Des personnes leur proposent d’abord un hébergement ou la possibilité de gagner de l’argent avant d’installer progressivement une relation d’emprise.



Christian Meulders refuse d’ailleurs de parler de « lover boys » pour désigner ceux qui profitent de cette vulnérabilité : « Je n’aime pas ce terme, ce sont des proxénètes, point final. » Il décrit des proxénètes « modernes 2.0 » qui ciblent des jeunes filles en errance, notamment en leur proposant un toit.

Christian Meulders, directeur de l’ASBL SüryaChristian Meulders, directeur de l’ASBL SüryaChristian Meulders, directeur de l’ASBL Sürya – RTL info

Pour lui, il faut également être très clair sur les mots utilisés lorsqu’une mineure est concernée : « Il n’y a pas de prostitution en dessous de 18 ans. C’est de l’exploitation sexuelle. » Une exploitation qui peut aussi être facilitée par ceux qui mettent à disposition un logement Airbnb ou du matériel.

Pourquoi ne portent-elles pas plainte ?

Dans l’affaire liégeoise, les deux adolescentes n’ont pas souhaité déposer plainte. Un comportement qui ne surprend pas Christian Meulders. Il évoque un « scénario totalement classique » : certaines jeunes ont le sentiment d’exister aux yeux de quelqu’un, gagnent de l’argent et éprouvent une forme de liberté, notamment en voyageant régulièrement d’une ville à l’autre.

D’où la nécessité, selon Sürya, de créer progressivement un lien de confiance plutôt que de confronter immédiatement les adolescentes à leur situation. L’objectif est qu’elles sachent vers qui se tourner le jour où elles se sentent en danger : « Là, j’ai besoin d’aide maintenant. »



Liège (prov. de Liège)
Belgique