En ce début de mois d’août, la période où les moustiques tigres suscitent le plus de nuisances, s’ouvre. Problème : ces insectes se développent et vivent dans les zones urbanisées, chez les particuliers, et ne peuvent donc pas faire l’objet d’opérations d’éradication de masse comme leurs cousins des marais. D’où l’importance d’adopter les bons réflexes pour freiner leur prolifération.

S’il est présent dès le printemps, c’est bien au mois d’août que le moustique tigre (Aedes albopictus) est au top de sa forme. « Actuellement, on assiste à une recrudescence des nuisances liées aux moustiques tigres, confirme André Palau, le chef de l’agence canétoise de l’entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée). C’est classique en cette saison. Et s’il y a des orages, ça va encore accentuer le phénomène. »

Facteur aggravant : face au moustique tigre, insecte originaire d’Asie qui a fait son apparition dans les Pyrénées-Orientales en 2012, la marge de manœuvre de l’organisme est restreinte. Les moyens de lutte collective contre cette espèce qui vit dans les zones urbanisées et pique principalement le jour sont en effet limités. Fin 2022, le moustique tigre était installé dans 147 communes du département. Dont Perpignan.

Un insecte qui « se développe à 80 % chez les particuliers »

« Il s’agit d’un moustique présent de mai à novembre qui se développe à 80 % chez les particuliers. C’est pourquoi nous ne pouvons pas intervenir en épandant de l’insecticide bio sur les larves comme nous le faisons pour les variétés qui éclosent dans les zones naturelles, explique André Palau. De plus, le moustique tigre colonise le moindre réceptacle d’eau. Lorsqu’il est arrivé en France, les collègues des Bouches-du-Rhône en ont même retrouvé dans des bouchons de bouteille d’eau ! »

Autre particularité : contrairement à ses cousins des zones humides, le tigre ne se déplace jamais à plus de 150 mètres de son lieu de naissance. « Si vous en avez chez vous, c’est qu’ils se sont développés dans un rayon de 150 mètres, martèle le chef de l’agence locale de l’EID. Pour que ses larves éclosent, il suffit que l’on ait oublié un seau dans le jardin un jour de pluie. » L’insecte honni peut également proliférer dans les soucoupes de pot de fleurs remplies d’eau, dans les piscines mal entretenues et même dans les récupérateurs d’eau lorsque ceux-ci ne sont pas totalement hermétiques.

Le lecteur attentif l’aura compris : pour éviter d’être harcelé par les moustiques tigres chez soi, il est primordial d’adopter les bons gestes. La règle de base est simple : pour remporter son combat contre le nuisible, il faut prendre le mal à la racine. En clair : mettre en place des mesures pour empêcher le développement des larves, qui ont besoin d’eau pour survivre.

La chasse à l’eau stagnante est ouverte

L’EID recommande tout d’abord de retourner ou de mettre à l’abri de la pluie ou des dispositifs d’arrosage les accessoires de jardinage pouvant recueillir de l’eau (arrosoirs, seaux…), ainsi que les jouets et bouteilles en attente de recyclage.

Deuxième conseil : vider au moins une fois par semaine les réceptacles pouvant accueillir des eaux stagnantes, tels que les pieds de parasols, les gamelles d’animaux, bâches de jardin ou objets de décoration extérieurs. Mettre du sable dans les coupelles des pots de fleurs peut également s’avérer salvateur. L’EID préconise enfin de ne pas laisser d’objets abandonnés dans son jardin (boîtes de conserve…) et de curer régulièrement les siphons d’évier extérieurs, fontaines, gouttières et bondes d’évacuation.

À noter : toujours en milieu urbain, le moustique commun (Culex pipiens), qui a plutôt tendance à piquer le soir et la nuit, peut également être présent. Cependant, à la différence du tigre, qui reste en ce moment la principale source de nuisances dans ces secteurs, celui-ci peut être combattu par l’EID, puisqu’il a tendance à nidifier dans les espaces publics (déversoirs…).

Des avions et des drones sont notamment mobilisés pour effectuer des épandages d’insecticide bio sur les zones naturelles où éclosent les larves de moustiques des marais (aedes caspius).

Des avions et des drones sont notamment mobilisés pour effectuer des épandages d’insecticide bio sur les zones naturelles où éclosent les larves de moustiques des marais (aedes caspius).

Moustiques des marais : nids et nuisances repérés vers Saint-Nazaire et autour de l’étang de Salses

Mise en place en 1959, l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée) intervient essentiellement dans les zones humides littorales. Ce sont en effet au sein de ces dernières que les moustiques de type « Aedes caspius » et « Aedes detritus », qui peuvent se déplacer dans un rayon de 30 km, se reproduisent. Dans les Pyrénées-Orientales, l’action de l’organisme concerne notamment l’étang de Canet-Saint-Nazaire, le secteur du Bourdigou (Torreilles), les environs de l’étang de Salses ou le pourtour du barrage de Vinça.

« Pour qu’il y ait une apparition de moustiques, il faut qu’il y ait un assèchement puis une mise en eau, détaille le chef de l’agence canétoise de l’EID, André Palau. Nous ne traitons que sur le stade larvaire. Nous utilisons un insecticide bio, le bacille de Thuringe, qui est épandu par des avions, des hélicoptères ou des drones sur les secteurs où nous avons repéré des larves. Nous ne pouvons pas traiter avant l’apparition de ces dernières. D’où l’importance de la prospection. »

Actuellement, le secteur de la commune de Saint-Nazaire le plus proche du Réart et le pourtour de l’étang de Salses sont les zones où le risque de nuisances liées à la présence de moustiques éclos en zones naturelles (« Aedes caspius » en cette saison) est le plus élevé. « En ce moment, le niveau de la mer est plus haut qu’à l’accoutumée, explique André Palau. Or, dans les étangs de Saint-Nazaire et Salses, la moindre fluctuation de la mer remplit les plans d’eau et les zones humides littorales. Sur Saint-Nazaire, nous avons déjà traité, mais des nuisances résiduelles peuvent être ressenties. » Pour ce qui est de l’étang de Salses, en cette fin de semaine, le traitement n’avait pas encore pu avoir lieu à cause du vent. Mais une fenêtre de tir semblait s’annoncer pour ce samedi matin.