Le 19 octobre à Barcelone, Anna Philippon (Anna Bullfrog Pictures), la coproductrice française de la série barcelonaise *In Vitro* (six épisodes de 30 min) créée par Marc Crehuet et Alejandra Guimerà, assistera à son avant-première mondiale (diffusion sur HBO Espagne). Une aventure qui devrait se poursuivre d’ici la fin 2026 sur Perpignan, une ville, et un département chers à son cœur et dont elle aimerait qu’on mette davantage en avant « les talents cachés et les atouts ». Interview d’une femme de convictions.
Anna Philippon, vous êtes née il y a 40 ans ici, à Perpignan (où vous possédez un pied-à-terre). Avec votre époux parisien, Alex, ex-comédien, vous avez créé votre propre boîte de prod « Bullfrog Pictures ». Comment avez-vous été amenée à coproduire In Vitro, cette série sud-catalane qui sera dès le 19 octobre prochain diffusée sur HBO Espagne ?
C’est une longue histoire (sourire). Disons que le bouche-à-oreille entre gens de cinéma a bien fonctionné. J’ai gardé aussi des attaches fortes en Catalogne du Sud. Depuis notamment Barcelone où, jeune étudiante, j’ai suivi des cours de design à l’Instituto Europeo di Design (un organisme italien). Quant à Marc Crehuet et Alejandra Guimerà, les deux réalisateurs d’In Vitro – une série de six épisodes de 30 à 40 min chacun avec une unité de lieu : une clinique de la fertilité à Barcelone -, ils m’ont contactée pour en faire partie. Il m’a fallu peu de temps pour me décider.
Vous parliez de cet amour du Pays catalan que vous revendiquez. Selon vous, que manque-t-il à ce territoire pour que puissent émerger et se développer de jeunes talents ?
Je le répète souvent mais ce qui fait hélas défaut à Perpignan, c’est de ne pas pouvoir bénéficier d’une vraie école de formation à l’ensemble des métiers du cinéma… Coincée entre les deux entités régionales que sont Montpellier et Toulouse, ma ville, plus modeste économiquement parlant, a du mal à s’imposer dans ce registre. Et pourtant, elle possède de sacrés atouts que nous envient beaucoup d’autres ! Nous avons à proximité la mer, la campagne, la montagne qui prêtent des décors de toute beauté aux trop peu nombreux tournages qui s’y déroulent. Nous avons de jeunes talents locaux, j’en ai rencontré beaucoup, mais hélas ils sont obligés de s’exiler vers Montpellier, Sète, la région PACA ou à Paris pour vivre de leur métier. Et c’est regrettable.
De votre côté, à quelles fictions se déroulant en Pays catalan avez-vous collaboré via Bullfrog Pictures ?
Six projets européens sont en cours dont un film dit historique sur la guerre d’Espagne avec des scènes tournées en partie à Perpignan (sortie prévue en 2027). Une autre fiction coproduite avec l’Espagne a été tournée pour 40 % sur le territoire nord-catalan, ainsi qu’une série entre les deux Catalognes. Et enfin, un polar islandais (oui, oui…) vient d’être tourné à 70 % en Italie et à 30 % en France dont quelques scènes en terre nord-catalane.
Enfin, vous évoquez le soutien « déterminant de la CCI et l’implication constante » de son président Laurent Gauze dans divers projets audiovisuels ?
Absolument. Laurent (Gauze) m’a fait confiance depuis le début dans cette belle aventure d’In Vitro. Nous partageons cet amour infini pour notre territoire. Je sais qu’il a pesé de tout son poids pour apporter son aide via une synergie entre les deux Catalognes. Rien de surprenant quand on connaît son engagement pour divers projets audiovisuels transfrontaliers entre Perpignan et Barcelone. Pour en revenir à In Vitro, il n’est pas peu fier d’ailleurs, de voir mentionné en bas de l’affiche officielle, le logo de la CCI de Perpignan et des P.-O. Ce qui me pousse à confier à l’Indépendant que dans les semaines qui suivront la présentation officielle de la série, devrait s’organiser à Perpignan une « seconde » avant-première réunissant l’équipe du film au complet incluant bien entendu ses deux réalisateurs.