L’une des figures les plus influentes du web français est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Ancien animateur sur NRJ, Guillaume Pley s’est imposé ces dernières années grâce à Legend, devenu le podcast francophone le plus écouté au monde. L’émission, qui a notamment contribué à faire connaître le médecin légiste belge Philippe Boxho auprès du grand public, est aujourd’hui éclaboussée par une longue enquête publiée par Les Inrockuptibles. Après plusieurs mois d’investigation, le magazine affirme avoir recueilli les témoignages de dizaines d’anciens salariés, stagiaires, alternants, collaborateurs et fans de l’animateur.

Selon ces témoignages, un même mode de fonctionnement se serait installé au fil des années, d’abord chez NRJ puis au sein de Legend : pression constante, rythme de travail intense, management jugé brutal, ainsi qu’une banalisation de propos racistes et sexistes dans les équipes. Plusieurs anciens collaborateurs évoquent également un climat de peur, affirmant avoir souhaité conserver l’anonymat en raison de ce qu’ils décrivent comme le « pouvoir de nuisance » de Guillaume Pley dans le secteur des médias.

Des échanges à caractère sexuel des adolescentes

L’enquête des Inrockuptibles s’intéresse également aux relations que Guillaume Pley aurait entretenues avec plusieurs de ses jeunes admiratrices à l’époque où il animait une émission sur NRJ.

Une femme, prénommée Louise dans l’article, raconte avoir rencontré l’animateur à de nombreuses reprises entre ses 14 et 17 ans devant les locaux de la radio. À partir de ses 16 ans, les échanges se seraient multipliés sur les réseaux sociaux. Selon des captures d’écran consultées par Les Inrockuptibles, Guillaume Pley lui aurait notamment envoyé des messages tels que « baby », « trop mignonne ta dernière photo Instagram », « de plus en plus jolie toi » ou encore « dans un an, tu as 18 ans ».

FLASH | Un échange entre Guillaume Pley et une adolescente de 15 ans, à l »époque, sur Snapchat :

– « Ma beauté »
– « Jolie 🙂 »
– « Ahaha merci, ma baby »
– « Si tu veux qu »on continue à s »écrire »
– « Efface stp »
– « J »aurai pas confiance sinon »

(Les Inrockuptibles) https://t.co/2jgCGMUnup pic.twitter.com/8Xo0vu4f02

— AlertesInfos (@AlertesInfos) August 5, 2026

Une seconde femme affirme avoir vécu une situation similaire. Selon son témoignage, elle avait 14 ans lorsqu’elle a commencé à échanger avec l’animateur, qui aurait cherché un contact physique lors de leurs rencontres après l’émission. Peu après sa majorité, Guillaume Pley lui aurait proposé un dîner et lui aurait écrit : « Je pense qu’on aura très envie de s’embrasser. » La jeune femme explique avoir refusé cette invitation, après quoi l’animateur aurait cessé de la contacter.

Enfin, une troisième femme, âgée de 19 ans au moment des faits, affirme que Guillaume Pley lui aurait posé la main sur la cuisse sans son consentement alors qu’elle effectuait un stage au sein de l’émission. Elle l’accuse également de lui avoir demandé d’entretenir des échanges à caractère sexuel.

Un climat de travail jugé « toxique »

Au-delà des témoignages d’anciennes fans, l’enquête des Inrockuptibles s’appuie sur les récits de nombreux anciens salariés, stagiaires, alternants et collaborateurs de Guillaume Pley. Plusieurs décrivent un environnement de travail marqué par une forte pression, un management qualifié de brutal et des humiliations répétées.

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Plusieurs d’entre eux affirment que les blagues et remarques racistes ou sexistes étaient devenues monnaie courante au sein de la rédaction. “C’était la cour de récréation, tout le temps. Il y avait un climat de vannes racistes et sexistes totalement normalisé […] personne ne mettait de limites pour faire respecter un climat de travail sain et respectueux de chacun”, a témoigné une ancienne membre de l’équipe de Guillaume Pley.

Le magazine évoque notamment un tableau intitulé « Qui sera le plus raciste ? », sur lequel les employés s’attribuaient des points. Une ancienne salariée raconte avoir été régulièrement la cible de remarques racistes d’un collègue, sans que Guillaume Pley n’intervienne, selon son témoignage.

Les témoins dénoncent également une pression de travail permanente. Ils évoquent des messages envoyés à toute heure, des semaines pouvant atteindre une soixantaine d’heures et des nuits blanches pour terminer certains montages. Plusieurs anciens collaborateurs affirment que ce rythme a eu des répercussions sur leur santé, certains évoquant des arrêts maladie, des pertes de poids ou des burn-outs.

Toujours selon le magazine, certains évoquent des journées à rallonge, des remarques dévalorisantes et une pression permanente pour produire toujours plus de contenus. Plusieurs anciens membres de l’équipe disent avoir préféré témoigner anonymement, estimant que Guillaume Pley dispose d’une influence importante dans le paysage médiatique français.

Un succès désormais fragilisé

Ces révélations interviennent alors que Legend connaît une croissance spectaculaire. Lancé en 2023 par Guillaume Pley après son départ de Webedia, il s’est imposé en quelques années comme le podcast francophone le plus écouté au monde.

Son concept est simple : des entretiens très longs (souvent entre une et deux heures) avec des personnalités de tous horizons, célèbres ou anonymes. L’animateur reçoit aussi bien des artistes, comme Philippe Lacheau ou Maes, que des responsables politiques tels que Nicolas Sarkozy ou Édouard Philippe, mais aussi des entrepreneurs, des médecins, des policiers, des militaires ou encore des témoins d’affaires criminelles. Le format cumule plusieurs millions d’écoutes chaque mois et des milliards de vues sur l’ensemble de ses plateformes.

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Parmi les plus grands succès de l’émission figure le médecin légiste liégeois Philippe Boxho. Invité à plusieurs reprises, il y raconte des affaires criminelles marquantes et les coulisses de son métier. Certaines de ses interviews ont cumulé plusieurs millions de vues, contribuant largement à faire connaître ses livres auprès du grand public.

Guillaume Pley répond aux accusations

Après plusieurs jours de silence, Guillaume Pley a finalement réagi dans un communiqué transmis à BFMTV.

Concernant les échanges avec des fans mineures, l’animateur affirme que tous les messages évoqués dans l’enquête ne provenaient pas directement de lui. Il explique que ses comptes sur les réseaux sociaux étaient gérés avec son équipe et dit regretter « la manière dont nous nous adressions et échangions avec nos publics, parfois mineurs ».

À propos des canulars téléphoniques réalisés à l’époque de son émission sur NRJ, Guillaume Pley reconnaît qu’« avec le recul », certains concepts « peuvent choquer aujourd’hui ». Il affirme que l’objectif était alors « de faire rire en allant loin dans la provocation, parfois sûrement trop loin ».

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L’animateur réfute en revanche les accusations concernant l’ambiance de travail chez Legend. Il assure qu’« aucun propos raciste, sexiste ou inapproprié n’est accepté » au sein de son média et affirme que tout comportement déplacé fait l’objet de sanctions.

Enfin, Guillaume Pley dénonce une « volonté manifeste de nuire » de la part de certains médias, qu’il accuse de « rechercher du scandale ». Il indique ne pas vouloir alimenter la polémique et dit désormais vouloir « se concentrer sur l’avenir ».