Le pic attendu jeudi pourrait être particulièrement marqué pour cette période de l’année. « Certains modèles tablent sur des températures de 33 à 35 degrés jeudi. On serait quand même 11-12 degrés au-dessus de la normale de saison, c’est assez considérable. Début août, ça peut encore arriver d’avoir des températures aussi élevées, mais vers le 15 août ça devient beaucoup plus rare. »

Pour Pascal Mormal, le plus marquant n’est pas seulement l’intensité des épisodes de chaleur, mais surtout leur répétition. « On constate malheureusement que cet été, les scénarios de fortes chaleurs tendent à se répéter en permanence. On a vraiment du mal à quitter ces conditions de temps bloqué, ces blocages anticycloniques qui perdurent. On a vraiment eu la chance de bénéficier d’une petite intrusion d’air frais d’origine un peu plus maritime, mais on est de nouveau repartis sur des bases de conditions très chaudes. »

Pourquoi la chaleur reste-t-elle bloquée ?

Habituellement, l’arrivée de dépressions permet de faire rapidement baisser les températures et de ramener un temps plus frais. Mais pour l’instant, ces perturbations ne parviennent pas à s’installer durablement sur nos régions. « Le courant du jet stream va parfois provoquer des ondulations, des méandres qui vont nous situer dans une configuration de blocage anticyclonique. A contrario, parfois on a plutôt des dépressions qui vont s’installer sur le pays », explique Pascal Mormal.

Actuellement, c’est le premier scénario qui domine : les hautes pressions restent installées et empêchent un véritable changement de temps. « Le fait qu’il n’y ait pas de talweg —des zones où la pression est plus basse et qui peuvent favoriser l’arrivée de dépressions— depuis plusieurs semaines en Belgique et sur une grande partie de l’Europe occidentale, c’est aussi ce qui explique qu’on n’a pas de précipitations. À part des petites incursions d’air maritime très temporaires, on garde globalement un temps anticyclonique. »

Un cercle vicieux entre sols secs et fortes chaleurs

Mais la chaleur n’est pas le seul problème. Le manque de pluie aggrave à son tour la situation. « Plus vous allez avoir du temps chaud, plus vous allez avoir une sécheresse, et cette sécheresse va également favoriser le fait qu’il y ait de moins en moins d’évapotranspiration », explique Pascal Mormal.

L’évapotranspiration — c’est-à-dire l’évaporation de l’eau des sols et la transpiration des végétaux — permet normalement de renvoyer de l’humidité dans l’atmosphère et de limiter la hausse des températures. « Moins il y a d’évaporation des sols et de transpiration des végétaux, moins il y a d’humidité disponible dans l’atmosphère et plus la chaleur en provenance du soleil va réchauffer les sols. »

Un mécanisme qui entretient donc lui-même les fortes chaleurs. « Toute cette chaleur n’est plus transformée par l’évapotranspiration, elle sert uniquement à réchauffer davantage les sols. C’est ça le problème du cercle vicieux qui s’est mis en place depuis le début de l’été. »

Très peu de pluie attendue avant le 20 août

Et ce cercle vicieux risque de se poursuivre dans les prochains jours. Les modèles prévoient toujours très peu de précipitations. « Jusqu’au 19 août, on voit très peu de pluie attendue pour la Belgique. Les quantités de pluie attendues d’ici là se situent entre 1 et 10 millimètres. »

Un léger rafraîchissement pourrait toutefois arriver en fin de semaine prochaine. Mais il ne signifierait pas pour autant un changement durable de situation : « Pour l’instant, on ne voit pas de sortie du tunnel, si ce n’est un espoir d’avoir une température un peu plus fraiche à partir de la fin de la semaine prochaine. »

Le signal reste donc celui d’un temps chaud et sec. Une situation qui commence aussi à inquiéter concernant le risque d’incendies. « Sans dramatiser à outrance, la situation est quand même assez préoccupante à plusieurs points de vue en Belgique », conclut Pascal Mormal.