
par Ibrahim Molough
Publié le 08 août à 05h00
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Marc pensait s’envoler vers Palma avec son épouse. Mais à la porte d’embarquement, une employée de Ryanair lui refuse l’accès à l’avion, estimant que sa carte d’identité est trop endommagée. Son témoignage, transmis via le bouton orange Alertez-nous, soulève une question : à partir de quand une carte d’identité est-elle considérée comme trop abîmée pour voyager ?
Les vacances de Marc et de son épouse devaient durer une semaine à Palma de Majorque. L’hôtel était réservé, une voiture de location également. Mais le voyage s’est arrêté avant même le décollage.
« C’est à la porte d’embarquement que ça a bloqué », raconte Marc, qui a contacté notre rédaction via le bouton orange Alertez-nous. Une employée de Ryanair estime alors que sa carte d’identité est trop endommagée pour lui permettre de voyager.
Pourtant, Marc assure avoir déjà utilisé cette même carte quelques semaines auparavant, lors de deux autres voyages sans rencontrer la moindre difficulté. « La carte est fêlée, mais ma photo et la puce sont intactes », affirme-t-il.
Nous avons pu consulter une photographie du recto de cette carte d’identité. Celle-ci présente effectivement des détériorations visibles, notamment au niveau de deux coins. En revanche, la photo, la signature et les autres informations visibles sur cette face restent lisibles. Nous n’avons toutefois pas pu consulter le verso de la carte.
« Mes vacances sont tombées à l’eau »
Le refus d’embarquement a eu des conséquences importantes pour le couple.
« J’ai perdu mes billets, mes réservations, sauf deux restaurants pour lesquels les acomptes ont pu être remboursés », explique Marc. Selon lui, près de 1.000 euros de dépenses sont partis en fumée. Il regrette également la manière dont la situation s’est déroulée. « Mes vacances sont tombées à l’eau. Le côté humain a disparu », estime-t-il.
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Marc indique aussi avoir introduit une réclamation auprès de Ryanair. Aujourd’hui, il espère obtenir un geste commercial, qu’il s’agisse d’un remboursement de ses billets ou d’un bon de voyage.
« Le document de voyage était endommagé »Ryanair
Contacté, Ryanair estime que son employée a correctement appliqué les règles. La compagnie affirme que le passager « a été correctement refusé » à l’embarquement, son « document de voyage étant endommagé ». Selon Ryanair, un ruban adhésif recouvrait la zone de lecture automatique située au bas de la carte d’identité (la Machine-Readable Zone, ou MRZ), afin de maintenir une déchirure du document. La compagnie estime donc que celui-ci n’était plus valable pour voyager.
La compagnie ajoute qu’elle n’accepte pas un document lorsque les dommages affectent la page des données personnelles, la zone MRZ ou compromettent l’intégrité ou l’authenticité du document.
Ce point n’a toutefois pas pu être vérifié par notre rédaction. Nous avons uniquement pu consulter une photographie du recto de la carte d’identité, alors que la zone MRZ se trouve au verso.
Il n’existe pas de seuil légal précis
L’histoire de Marc soulève une question plus générale : existe-t-il un niveau de détérioration à partir duquel une carte d’identité ne peut plus être utilisée pour voyager ? « La législation belge ne définit pas un seuil précis de détérioration », explique Koen Schuyten, responsable de la communication du SPF Identité et Affaires citoyennes.
De manière générale, le SPF rappelle qu’une carte d’identité doit être « lisible, intacte et en bon état matériel ». Même si la photo et les données restent parfaitement lisibles, « de petites détériorations peuvent susciter un doute quant à l’intégrité du document et faire naître une suspicion de manipulation ou de falsification ».
Dans ce cas, une compagnie aérienne peut décider de refuser le document par mesure de précaution.
Le SPF précise également que les compagnies aériennes appliquent leurs propres critères internes afin d’éviter qu’un voyageur ne rencontre des difficultés à destination.
Même dans l’espace Schengen
On pourrait penser que cette prudence est moins justifiée lorsqu’il s’agit d’un vol au sein de l’espace Schengen, où les contrôles à l’arrivée ne sont généralement pas systématiques.
En réservant un billet, le voyageur accepte les conditions générales de transport de la compagnieKoen Schuyten, Responsable de la communication du SPF Identité et Affaires citoyennes
Pourtant, le SPF rappelle que les compagnies aériennes restent responsables de l’identification des passagers avant l’embarquement. Elles doivent s’assurer que chaque voyageur dispose d’un document valide et en bon état.
« En réservant un billet, le voyageur accepte les conditions générales de transport de la compagnie », explique Koen Schuyten. Elles peuvent prévoir qu’un document endommagé constitue un motif de refus d’embarquement.
Quels conseils avant de partir ?
Pour éviter une mauvaise surprise le jour du départ, le SPF recommande de vérifier ses documents d’identité plusieurs semaines avant le voyage.
Les voyageurs sont invités à contrôler non seulement la date de validité de leur carte, mais aussi son état matériel. En cas de fissures, de déchirures ou de dommages importants, il est préférable de demander une nouvelle carte d’identité auprès de sa commune.
Une précaution qui peut éviter qu’un voyage, comme celui de Marc, ne s’arrête… avant même d’avoir commencé.
