« Tu peux me garder un plateau de pêches ? On vient les chercher vers onze heures. » Ce genre d’appel, Karine Clémenson en reçoit toutes les semaines, sur son numéro personnel qu’elle distribue sans compter. Chez elle, le client est roi, et loin d’être un simple ticket de caisse. « On les appelle par leurs prénoms. Ils ont vieilli avec nous. »

Karine Clémenson, 57 ans, vend des fruits et légumes sur les marchés d’Arles depuis plus de 40 ans. À ses côtés aujourd’hui, sa mère Michèle et son frère Sébastien perpétuent une affaire qui tient autant du commerce que de la famille.

Un service à l’ancienne, qui ne s’improvise pas : il faut des années pour connaître si précisément sa clientèle qu’on sait, dès le matin, combien de plateaux de pêches ou de nectarines partiront avant midi. « On sait ce qu’on vend. On n’amène pas plus. »

Sur son étal, une règle n’a jamais changé depuis le début : que du local, que de saison. Poireaux, carottes et céleris l’hiver ; pêches, abricots, nectarines et légumes d’été en cette saison. Jamais de produits importés, contrairement à une partie de la concurrence, « ça a toujours été local ». Une semaine rythmée par les allers-retours chez les producteurs : Saint-Étienne…