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Par RTL info avec Belga

Publié le 08 août à 10h25

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Abelardo de la Espriella, avocat millionnaire et admirateur de Donald Trump, devient président de Colombie. « El Tigre » promet une politique sécuritaire musclée, des méga-prisons et une réduction drastique de l’État.


L’excentrique avocat millionnaire Abelardo de la Espriella, investi vendredi président de Colombie, a chassé la gauche du pouvoir avec un discours antisystème et la promesse de mater les groupes armés du pays.

Cet admirateur du président américain Donald Trump, âgé de 48 ans, a laissé une vie luxueuse à Florence, en Italie, pour se lancer dans la campagne électorale, invoquant un « sacrifice » pour « la patrie ». Il s’est présenté en outsider dénonçant la classe politique, un pari gagnant.



Lors d’un second tour serré en juin, celui qui se fait appeler « El Tigre » a battu le sénateur Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro, premier dirigeant de gauche à gouverner la Colombie. Abelardo de la Espriella s’est fait connaître comme avocat en défendant d’anciens paramilitaires, des narcotrafiquants, des footballeurs et un homme à l’origine d’une vaste fraude pyramidale.

Marié et père de quatre enfants, il prône des mesures sécuritaires rappelant la lutte antigangs du président salvadorien Nayib Bukele, dont il arbore la même barbe soigneusement taillée, et une réduction drastique des dépenses de l’Etat dans le style de l’Argentin Javier Milei.

Coutumier d’adresser un salut militaire à ses partisans, il a affirmé durant la campagne avoir « les couilles » pour gouverner d’une « main de fer » la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne et miné par un conflit armé interne depuis plus de six décennies.




« Par la raison ou par la force »

Ce représentant de la droite dure est parvenu à capitaliser sur le mécontentement d’une partie de la population contre les partis traditionnels, la gauche et l’insécurité. Dans un pays très catholique, il dit s’être rapproché de Dieu, après s’être un temps identifié comme athée.

Durant de spectaculaires meetings de campagne ponctués de feux d’artifice, où il est apparu sur scène derrière une vitre pare-balles, il a juré de défendre la démocratie « par la raison ou par la force ».


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Après sa victoire, il a prévenu : « A toute cette mafia qui gouverne mal la Colombie, je dis ‘ici il y a une meute, il y a un peuple qui ne se met pas à genoux et qui est venu les affronter’ ».

L’origine de la fortune de cet avocat et homme d’affaires de nationalités américaine et colombienne a soulevé de nombreuses questions. Avant sa candidature, il se vantait sur les réseaux sociaux de voyager en jets privés et faisait la promotion de ses affaires, parmi lesquelles sa marque de rhum et une ligne de vêtements baptisée « De la Espriella Style ».

S’étant dit visé par des menaces de mort, il se déplace entouré de dizaines de soldats, policiers et gardes du corps. Pour combattre les groupes armés, il prévoit de s’allier militairement avec les Etats-Unis et Israël.


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Il entend également enterrer le tribunal, né de l’accord de paix en 2016 avec la guérilla des Farc pour juger les pires crimes du conflit armé, et faire construire dix méga-prisons dans lesquelles les détenus seraient enfermés « dix étages sous terre » et nourris « de pain et d’eau ».

Sur le plan économique, il adopte une posture très libérale et veut réduire de 40 % l’appareil d’Etat. Il compare la gestion de la Colombie à celle d’une entreprise.



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