ENTRETIEN — L’actrice franco-belge est à l’affiche de « Soudain », du Japonais Ryusuke Hamaguchi. Un film qui l’a bouleversée et lui a valu le prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes.

Elle arrive, tout sourire et sans maquillage, dans un café climatisé de la Bastille, à Paris, en pleine canicule et entre deux jours de tournage. Sans agent à ses côtés, loin d’une journée presse millimétrée, Virginie Efira a pris le temps de venir, seule, pour raconter, expliquer et dire : ce tournage qui est plus qu’un tournage, cette rencontre avec Ryusuke Hamaguchi, à ses yeux davantage qu’un réalisateur, et ce Soudain qui dans son cœur est plus qu’un simple film.

Pour ce rôle, elle a appris le japonais, vécu un tournage initiatique et reçu le prix d’interprétation à Cannes, en duo avec Tao Okamoto. Avec cette distinction, l’actrice, qui n’avait plus vraiment à prouver son talent, éclipse définitivement l’ancienne présentatrice télé qu’elle a été sans pour autant renier son parcours ni perdre son humour. Entretien avec une comédienne à la fois comblée, lucide et avide de sens.

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LA TRIBUNE DIMANCHE — Est-ce que je devrais vous accueillir en disant ohayo, « bonjour » en japonais ?
VIRGINIE EFIRA — Mais oui : ohayo ! Lors de notre premier entretien, Ryusuke Hamaguchi m’a demandé si le travail me faisait peur parce qu’il y avait beaucoup de texte à apprendre, qu’il fallait que je puisse parler et lire en japonais et que nous tournions deux mois plus tard… J’ai dit oui à tout ! J’ai travaillé avec plusieurs professeurs, j’ai appris tout un alphabet avant de découvrir qu’il en existait trois et qu’en fait je lisais comme un enfant de 10 ans ! Je ne suis donc pas bilingue : en japonais, je peux parler du capitalisme comme dans le film, mais sur d’autres sujets, à Tokyo, je serais paumée !