Thomas D'Alessandro

Par Thomas D’Alessandro

Mis à jour le 08 août à 19h31

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À Anvers, la Pride s’est élancée dans une ambiance festive, rassemblant plus de 170.000 personnes – un record, mais sous surveillance renforcée. Le contexte est marqué par des craintes persistantes au sein de la communauté LGBTQIA+ et par un climat sécuritaire plus tendu. Explications avec Nicolas Lowyck.


Des dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi dans les rues d’Anvers pour la Pride. La parade a été diffusée en direct sur RTL plug et RTL play. L’événement se voulait à la fois festif et revendicatif, dans une ville placée sous le soleil, mais aussi sous haute vigilance après les évènements qui ont eu lieu à la Pride de Berlin.

Selon une première estimation des organisateurs, cette nouvelle édition bat des records en rassemblant pas moins de 170.000 participants ce samedi après-midi. L’année dernière, ils avaient dénombré entre 150.000 et 160.000 participants à la marche des fiertés. À l’heure d’écrire ces lignes, la Pride Parade se déroule sans incident notable, selon la police locale, qui a confirmé le chiffre d’affluence.




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Une édition surtout marquée par un contexte sécuritaire pesant. Quelques semaines après l’attaque qui a visé la Pride de Berlin, faisant un mort et 29 blessés, les autorités anversoises restent très discrètes sur les moyens engagés. Elles confirment toutefois que la sécurité est renforcée, comme chaque année, avec une attention particulière portée aux risques de menaces ou d’incidents en marge du cortège.

Qu’est-ce que le scrapping ?

Sur le terrain, 200 policiers sont mobilisés. Mais le dispositif ne repose pas uniquement sur une présence visible. La police utilise aussi une autre arme, bien plus discrète. Son nom : le scrapping. Une intelligence artificielle qui permet de surveiller Internet, les réseaux sociaux, les sites d’information et de repérer n’importe quel message de haine en rapport avec la Pride d’Anvers.

« Je crois que c’est logique que les policiers ne soient pas juste sur le terrain, mais que nous regardions aussi ce qui se passe en ligne. C’est extrêmement difficile. Mais cela nous donne une image précise de l’atmosphère autour de l’événement pour savoir s’il y a un risque », explique Wouter Bruyns, porte-parole de la police d’Anvers.



« Mais clairement, ce n’est pas juste sur Internet. Et en rapport avec cet événement, c’est une analyse de fond avec des experts. Et nous nous basons là-dessus pour notre déploiement policier », ajoute-t-il. Les mesures de sécurité sont réévaluées chaque année.

Notre journaliste présent sur place donne d’ailleurs un exemple très concret de scrapping. « Un monsieur qui, il y a quelques années, se plaignait sur Facebook parce qu’il n’entendait plus sa télé à cause du son de la Pride qui allait trop fort. Moins de 30 minutes plus tard, une équipe de police était chez lui pour lui demander s’il n’avait pas d’autres intentions. »

« Une sorte de peur »

Ce renforcement ne découle pas uniquement de l’attaque de Berlin. Il intervient aussi après la Pride de Bruxelles, où au moins trois artistes auraient été agressés à la fin du mois de mai. Un épisode qui a ravivé les inquiétudes au sein de la communauté et qui éclaire le choix du thème retenu cette année à Anvers : « Fearless ». Un mot d’ordre qui se veut à la fois une réponse aux violences et une manière d’affirmer que la peur ne peut dicter l’occupation de l’espace public.

Le porte-parole de la Pride résume ce malaise en ces termes : « Nous avons senti qu’il y avait une inquiétude, une peur dans notre communauté et c’est naturellement parce que les chiffres ne sont pas bons. » Il ajoute : « Quand 8 personnes sur 10 dans notre communauté ont des expériences avec la violence, avec la discrimination, un jeune sur 5 trouve que c’est « ok » pour être violent contre un membre de notre communauté, ça amène une sorte de peur, une sorte d’inquiétude mais aussi une résilience de combattre contre ça », explique Wilfried Eetezonne.

À Anvers, l’enjeu est donc double : garantir la sécurité de la parade sans dénaturer l’esprit d’un rassemblement de visibilité, de revendication et de célébration. Derrière les chars, les drapeaux et la musique, cette Pride porte aussi un message de résistance face aux violences, à l’intimidation et au climat de tension qui entoure désormais ce type d’événement.



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