Ceuta: une crise migratoire? Une crise de la rumeur numérique, surtout

« Je pense que le bilan sera malheureusement très lourd et qu’il continuera d’évoluer. On ne peut pas parler à ce stade de chiffres définitifs », a expliqué Achraf Mimoun, président de la section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), lors d’une conférence de presse à Rabat.

L’AMDH et la Coordination européenne pour les droits humains au Maroc, regroupant des ONG marocaines basées en Europe, s’appuient sur « des données officielles, médiatiques et d’autres recueillies par des organisations de défense des droits humains » pour établir ce bilan provisoire, auquel il faut ajouter « des disparus et des blessés », a-t-il dit.

Le Conseil national des droits de l’homme, organisme marocain consultatif et indépendant, a annoncé un bilan de 14 morts côté marocain. Dimanche, le ministère de l’Intérieur avait fait état de 11 morts.

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Sur le versant espagnol, au moins 80 personnes ont perdu la vie, selon une commission espagnole de spécialistes en médecine légale.

« De nombreuses familles restent dans l’attente d’informations sur le sort de leurs proches », a souligné M. Mimoun, précisant qu' » il y a 21 corps à la morgue de Tétouan (la plus grande ville à proximité de Fnideq, la localité marocaine frontalière de Ceuta, NDLR), dont 11 Marocains et 10 personnes de nationalités arabes, notamment du Soudan et du Yémen ».

Devant la presse, les ONG marocaines ont réitéré un appel fait la semaine passée à « l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et complète ».

Selon les ONG, 111 personnes ont été arrêtées pendant cet afflux inédit vers Ceuta ainsi qu’à Melilla, l’autre enclave située à 400 kilomètres à l’est. Aucune information officielle n’a été donnée sur d’éventuelles arrestations ou poursuites.