L’histoire de l’art ne retient pas prioritairement les paysages dolois de Simon Bussy. En revanche, son précieux bestiaire réalisé aux pastels, technique que l’artiste maîtrisait à merveille, a fait le tour du monde.

Il sera aussi très connu dans le milieu intellectuel, esquissant les portraits de ses amis : André Gide, Paul Valéry, ou Roger Martin du Gard, qu’il recevait dans sa demeure, la villa Souco, à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), acquise en 1903, après son mariage avec la romancière britannique Dorothy Strachey.

Élève de Gustave Moreau

Né rue Boyvin, à Dole, en 1870, dans une famille de maîtres bottiers, Albert Simon Aimé Bussy y a appris le dessin. Il quitte Dole pour Paris en 1886, où il deviendra l’un des plus brillants élèves de Gustave Moreau, à l’école nationale des Beaux-Arts, à partir de 1892. Moreau « poussera » toute une génération de jeunes peintres qui bousculeront la peinture au XX e  siècle. Bussy nourrira de profonds liens amicaux avec Henri Matisse, le Belge Henri Evenpoel et Eugène Martel.

La révolution industrielle à Dole

Vue de Dole met en scène le port observé depuis l’actuel parking du port de plaisance, avenue de Lahr. Le premier plan s’attache à refléter l’imposante silhouette de la Collégiale dans les eaux du canal. Puis, sur l’autre rive, s’ouvre la description du jardin des Chevannes et du quartier du Prélot.

La perspective est « coupée » par l’activité fluviale liée à la révolution industrielle : tas de graviers, entrepôts de stockage et barge de transport à vapeur. Car bien avant de devenir un port de plaisance, l’endroit était un lien de stockage, essentiellement des matériaux de construction, acheminés par voie fluviale.

L’illustre dolois à Londres

Trois panaches de fumée ponctuent l’allusion à l’avènement de l’industrie : celle, probablement issue d’un atelier artisanal situé entre le Prélot et la rue Pasteur, celle de la machine à vapeur de la barge de transport, mais aussi, à l’horizon gauche, une volute bien épaisse trahit la présence d’une usine.

Au troisième plan se fondent le ciel et la « découpe » de l’imposante collégiale et son clocher le plus haut de Franche-Comté, avec 73 mètres. En marge des grands courants picturaux, Simon Bussy cultivera un ton libre et audacieux, entre Angleterre et France, avec de nombreux déménagements. L’artiste dolois est décédé à Londres le 22 mai 1954, à 84 ans.

Musée des Beaux-Arts de Dole, ouvert tous les jours de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures, sauf les dimanches matin, les lundis et les mardis du 1er novembre au 31 décembre. Fermé le 1er  mai, le 1er  novembre, et du 25 décembre au 1er janvier. Entrée libre.