Valentine Guerrier

Par Valentine Guerrier

Mis à jour le 09 août à 21h08

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Au Proche-Orient, les espoirs d’avancée vers une trêve s’éloignent à nouveau. Israël a rejeté ce dimanche la dernière feuille de route américaine pour Gaza, pourtant acceptée par le Hamas. Au cœur du désaccord : les conditions du désarmement du mouvement palestinien et le retrait des forces israéliennes. Romain Mayez et Pascal Noriega.


Israël « rejette » la dernière feuille de route américaine, acceptée par le Hamas et censée lancer la deuxième étape du plan de paix à Gaza, a annoncé dimanche Benyamin Netanyahou, conditionnant tout retrait de ses troupes à un « véritable » désarmement du Hamas. Ceci intervient alors que l’Iran posait ses conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz : retrait des troupes américaines, indemnisations et déblocage de ses avoirs.


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Le Premier ministre, qui avait fait part de ses réticences sur ce texte ces derniers jours, a explicitement annoncé son rejet alors qu’il est confronté à une forte contestation de ses alliés d’extrême droite, à quelques mois de délicates législatives.



Le Hamas a, dans la foulée, appelé les Américains à faire pression sur M. Netanyahou et son gouvernement, « afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale », a indiqué un de ses responsables à l’AFP.

« Tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé »

« Israël rejette le document en 15 points » présenté fin juillet par le « Conseil de Paix » de Donald Trump, et son armée « n’effectuera aucun retrait (du territoire palestinien, NDLR) tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé », a déclaré le Premier ministre lors d’une réunion du cabinet.

Le mouvement islamiste palestinien avait accepté ce plan, qui, dans sa version publiée par le « Conseil de paix » lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Il s’était redit samedi prêt à le mettre en œuvre, appelant déjà à des pressions américaines en ce sens.



Face aux inquiétudes israéliennes et à l’issue d’une rencontre lundi avec Benyamin Netanyahou, le haut représentant du « Conseil de Paix » pour Gaza, Nikolaï Mladenov, lui avait assuré qu’Israël ne se retirerait qu’après un désarmement « complet » du Hamas. Mais cela n’a pas suffi à rallier la partie israélienne.

Défendre un désarmement progressif

Le texte stipule aussi que le désarmement du Hamas et le stockage de son arsenal sera assuré par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire, actuellement bloqué en Égypte par le refus israélien de le laisser entrer.

Le mouvement islamiste palestinien défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu’une reddition unilatérale de son arsenal.

Benyamin Netanyahou a fait état de discussions avec les États-Unis sur les objections israéliennes. « Ils ont des idées ; certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions », a-t-il déclaré. Il a insisté sur la nécessité pour le Hamas de renoncer à toutes ses armes : « nous parlons d’un véritable désarmement, pas d’un désarmement fictif ».

Les conditions iraniennes

Samedi, l’Iran avait déclaré qu’elle ne rouvrirait le détroit d’Ormuz que lorsque les États-Unis auront retiré leurs troupes et auront indemnisé l’Iran pour les dommages causés, selon le chef du Conseil national de sécurité iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, cité par CNN et Al Jazeera.

Pour ce faire, les États-Unis doivent encore remplir un certain nombre d’autres conditions. D’après CNN, M. Zolghadr demande notamment que Washington mette fin au blocus des ports iraniens, retire ses troupes et indemnise l’Iran pour les dégâts causés dans le pays.

Les menaces et les opérations militaires contre l’Iran doivent également cesser, selon les propos de ce même responsable rapportés par Al Jazeera. Enfin, Téhéran exige également le déblocage de ses avoirs gelés. Selon les Gardiens de la révolution iraniens, les négociations avec Oman n’ont donc rien à voir avec une éventuelle réouverture du détroit. L’armée iranienne continue d’attaquer régulièrement les navires qui tentent de contourner la route qu’elle a imposée. Samedi encore, une telle attaque a eu lieu contre un pétrolier des Émirats arabes unis.

L’armée américaine n’a plus effectué de nouveaux bombardements sur l’Iran depuis fin juillet. Au début du mois, le président américain Donald Trump a annulé in extremis une nouvelle attaque et a affirmé par la suite que les négociations avec l’Iran allaient reprendre, ce que Téhéran s’est empressé de démentir.



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