À 23 ans, Lucas Antonelli semble infatigable. Ce musicien bastiais compose, enregistre, mixe ses morceaux, produit ceux d’autres artistes et construit, projet après projet, un univers où le rap croise le rock, la pop ou encore les musiques électroniques.

Après des années à explorer différents horizons musicaux, entre la guitare classique et les groupes de rock adolescent, il trouve sa ligne de conduite : celle de ne jamais s’enfermer dans un style. Une volonté qui nourrit aujourd’hui chacune de ses créations, et qui irrigue autant sa manière de composer que sa vision de la langue corse, devenue l’une des signatures de son univers musical dans nombre de ses titres.

Une musique pour la série « Plaine orientale »

En 2025, il est sollicité par le producteur de Plaine Orientale, afin de composer une musique pour la série. Il cherche alors une esthétique nouvelle, inspirée de la scène italienne. Le résultat de cette quête, c’est le single Historias, qui compte parmi ses titres les plus écoutés, comme Sghei noise ou encore Capata.

« Il faut arrêter de penser la musique corse comme une esthétique toujours attachée à un symbole culturel. Si tu veux faire de la musique en Corse, la faire vivre aujourd’hui et pour le futur, il faut quelque chose qui touche les gens, qui groove ! », sourit-il.

Plus qu’un choix de langue, c’est une philosophie artistique qui doit sortir du cadre habituel pour mieux trouver sa place dans les playlists d’aujourd’hui.

Sur scène, lui et ses musiciens revendiquent une énergie héritée du rock. « On ne se prend pas au sérieux sur scène. On veut juste faire passer un bon moment aux gens. Ça m’arrive souvent de découvrir un artiste que je n’aimais pas tant en studio, et sur scène je me dis :  »C’est incroyable ! » Parce que justement, j’ai passé un bon moment », explique-t-il.

Créer, apprendre, recommencer

Derrière cette liberté, une obsession : comprendre. Musique, vidéo, techniques de production… Tout semble nourrir son imaginaire. Il réalise ses clips, une autre manière de s’exprimer par l’image. « Quand je comprends une chose, j’ai envie d’en comprendre une autre. C’est sans fin, sourit-il. Je pense que la curiosité, c’est ce qui me guide le plus. Si je ne connais pas, j’ai envie d’aller voir comment ça marche. »

Ses chansons naissent rarement sur commande. « Je déteste écrire avec ma tête. Je vais davantage chercher le ressenti, l’émotion. » La vie, l’amour, le quotidien deviennent autant de matières premières à retravailler, tout comme l’échec : « Je suis toujours content d’échouer, parce que ça me montre tout ce que j’ignore, et ça m’ouvre l’esprit. »

Aujourd’hui, Lucas Antonelli continue sa route en Corse, en poursuivant le développement de son univers inclassable. Après Rock in Bastia le 10 juillet dernier, il retrouvera la scène ce vendredi 7 août en première partie du rappeur Gazo, comme d’autres musiciens corses, SH404 et Loba, au festival Porto Latino, à Bastia.