Image illustrant un virus : Shutterstock

Dans une étude publiée dans la revue Science, des scientifiques de Stanford ont utilisé deux modèles de langage biologique spécialisés, Evo 1 et Evo 2, pour analyser l’ADN d’un virus mangeur de bactéries naturel appelé phiX174, concevant ainsi des génomes viraux qui n’avaient jamais existé dans la nature.

Selon Brian Hie, biologiste computationnel et co-auteur de l’étude à Stanford, cela représente un bond en avant considérable dans la complexité des modèles que la bio-IA peut concevoir. Pour la première fois, cette technologie est utilisée pour construire un génome complet capable de s’autorépliquer et d’assurer des fonctions au sein des cellules.

Les virus conçus par intelligence artificielle appartiennent au groupe des bactériophages : des virus capables d’envahir et de détruire les bactéries, mais incapables d’attaquer les cellules humaines. Lors de tests menés en laboratoire, certains de ces nouveaux virus se sont révélés plus efficaces pour éliminer les bactéries Escherichia coli que le virus naturel utilisé comme modèle.

Cette avancée est particulièrement remarquable dans le contexte de la résistance aux antibiotiques, qui représente un défi sanitaire mondial de plus en plus important. Les chercheurs estiment que l’intelligence artificielle pourrait contribuer à la conception de virus adaptés à des types spécifiques de bactéries, élargissant ainsi le potentiel des thérapies « antibactériennes » pour traiter les infections pour lesquelles les antibiotiques traditionnels sont devenus inefficaces.

Les résultats de la recherche mettent en évidence une contribution significative de l’IA ; au lieu d’attendre l’évolution naturelle pour créer des virus capables d’attaquer un type spécifique de bactéries, l’IA peut analyser rapidement les données génétiques et suggérer de nouvelles structures.

Développée et contrôlée de manière responsable, cette technologie pourrait mener à de nouveaux traitements, contribuant ainsi à réduire l’impact des infections résistantes aux antibiotiques.

Cependant, des chercheurs ont également exprimé des inquiétudes quant à la biosécurité et aux risques d’utilisation militaire . Plus précisément, la capacité de l’IA à concevoir de nouveaux génomes pourrait potentiellement créer de nouvelles variantes biologiques, qui pourraient théoriquement être utilisées à mauvais escient pour la recherche ou le développement d’agents pathogènes dangereux.

Le professeur Kevin Esvelt du Massachusetts Institute of Technology (MIT) avertit que l’utilisation de l’IA pour créer de nouvelles variantes de virus pourrait devenir un grave problème si elle n’est pas strictement contrôlée.

Cependant, les experts affirment que les virus conçus dans le cadre de cette expérience ont une structure beaucoup plus simple que les virus qui provoquent des maladies chez l’homme ; par conséquent, les recherches de Stanford ne présentent pas de risque immédiat pour la sécurité.

Cette étude démontre à la fois les progrès rapides de l’IA en biologie et souligne l’urgence d’une gouvernance technologique, d’un contrôle de la recherche et de mécanismes de biosécurité. À mesure que l’IA devient capable de concevoir des systèmes biologiques complexes, la frontière entre innovation biomédicale et risque de mésusage technologique deviendra un enjeu politique de plus en plus crucial.

DAO DUNG

Source : https://baocantho.com.vn/ai-tao-virus-moi-tieu-diet-vi-khuan-khang-thuoc-a212049.html