Un mineur du bois du Cazier identifié 68 ans après la catastrophe : « Papa serait fier et très ému »Le geste syndical
Ce samedi, plusieurs centaines de personnes ont participé aux commémorations. Jean-Claude Van Cauwenberghe, président du Bois du Cazier, a rappelé l’ampleur du drame et le devoir de transmettre cette histoire, alors que disparaissent progressivement les derniers témoins directs, notamment les veuves des victimes.
Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Mes Engagés) a, lui, insisté sur la dimension européenne de cette mémoire. Le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR) a souligné que cette catastrophe, « tragique », ne cessera pas d’être commémorée.
La cérémonie a également été marquée par une séquence politique. Des représentants syndicaux ont tourné le dos au président du Sénat italien, Ignazio La Russa, venu lire un message du président Sergio Mattarella. Le geste visait sa proximité avec Fratelli d’Italia, le parti d’extrême droite de la Première ministre Giorgia Meloni. Dans son intervention, le bourgmestre socialiste de Charleroi, Thomas Dermine, a d’ailleurs rappelé l’attachement de la ville aux valeurs antifascistes et démocratiques.
« La catastrophe de Marcinelle a changé le regard des Belges sur les immigrés italiens »« Nous n’avons jamais oublié »
Mais au-delà de ces tensions, Marcinelle demeure un symbole de l’histoire commune entre la Belgique et l’Italie. Les mineurs italiens étaient alors majoritaires parmi les travailleurs étrangers des charbonnages belges. L' »accord charbon » conclu en 1946 prévoyait l’envoi de travailleurs italiens en Belgique en échange de charbon destiné à une Italie encore ravagée par la guerre.
Pour l’ambassadrice d’Italie en Belgique, Federica Favi, la catastrophe a profondément transformé les relations entre les deux pays. Les travailleurs italiens, souvent confrontés à la discrimination à leur arrivée, ont progressivement été considérés comme une partie intégrante de la société belge. « Nous n’avons jamais oublié la tragédie de Marcinelle », souligne la diplomate, qui a évoqué une « blessure ouverte » et une mémoire désormais partagée. La catastrophe a ainsi contribué à rapprocher deux peuples.
Cette histoire se poursuit aujourd’hui à travers les quelque 300 000 personnes d’origine italienne vivant en Belgique, mais aussi par des initiatives destinées à transmettre cette mémoire aux nouvelles générations, notamment entre écoles belges et italiennes.
« Si tu veux savoir comment ton papa est mort, lis tout ça »