Si vous êtes de passage à Châteaulin le vendredi 14 août 2026, ne vous étonnez pas de croiser une horde de photographes guillerets, déambulant dans les rues, un Polaroïd à la main, occupés à ergoter sur l’angle choisi, le point de vue à immortaliser ou la qualité – parfois bancale – du résultat. Deux ans après une première tentative qui avait réuni 70 personnes sur les bords de l’Aulne, l’association Tête de l’art et la municipalité s’associent à nouveau pour proposer un safari-photo.

Un polaroïd à gagner

Trente équipes de deux à quatre personnes, chacune munie d’un polaroïd, ces petits appareils photo au développement instantané, arpenteront la ville pour réaliser le cliché le plus original à partir d’un thème dévoilé à 13 h 30, devant la bibliothèque municipale. Après deux heures de promenade (départ à 14 h), chaque équipe sélectionnera trois photographies qui participeront au concours final. Toutes seront ensuite départagées par le jury avec, en guise de premier prix, un appareil photo polaroïd à remporter.

Derrière cette initiative pilotée par la municipalité, une association rennaise, créée en 2014, qui s’attache à promouvoir la passion de l’image et à « vulgariser » les polaroïds. En plus des expositions, les safaris sont un bon moyen d’initier le public à cet appareil, qui était très à la mode jusque dans les années 2000 avant de tomber en désuétude face à la toute-puissance du numérique. « Mais il y a un renouveau, on sent un engouement », assure Alexandre Bouchon, photographe membre de Tête de l’art. « Il y a dix ans, c’était difficile de trouver du film, alors qu’aujourd’hui, on en trouve partout ! » Pourquoi un tel retour en grâce ? La mode du vintage n’explique pas tout. « Les gens demandent du film pour une soirée, pour prendre des photos et pouvoir les afficher, avoir un souvenir palpable… Avec le numérique, on a perdu l’habitude de développer les photos », estime Alexandre Bouchon.

Une autre façon de prendre des photos

Bousculer les habitudes, brouiller les repères, c’est précisément l’objectif du safari organisé le 14 août, en plus de permettre une redécouverte de Châteaulin et de l’exposition en plein air « Elles », dont le parcours met à l’honneur six photographes contemporaines. Les appareils polaroïds fournis, vieux de vingt ans, ont un nombre de photos limité. « Chaque équipe pourra en faire huit, explique Alexandre Bouchon. Donc on doit réfléchir avant, on ne peut pas foncer bille en tête. En plus, le résultat est aléatoire : quand la photo sort de l’appareil, elle est bleue et met dix minutes à se développer. Et alors, on se rend compte qu’elle est surexposée, sous-exposée… C’est plus compliqué que le numérique et il n’y a pas cette instantanéité à laquelle on est habitué. »

Un vrai jeu, dans lequel il faut jongler entre les problèmes techniques et la crainte de gaspiller son film trop vite. Que les profanes se rassurent : les organisateurs délivreront de précieux conseils avant la mise en route. Et le but est surtout de s’amuser, rappelle Alexandre Bouchon : « Il y a la fierté d’avoir réussi sa photo, le plaisir de tenir l’objet en main… À chaque fois, les gens reviennent avec la banane ! » Parfait pour prendre la pose.

Pratique

Ssafari photo le vendredi 14 août, , à partir de 13 h 30, au départ de la bibliothèque municipale de Châteaulin.Gratuit, sur réservation par courriel, [email protected], ou au 02 56 04 73 55.