Valentine Guerrier

Par Valentine Guerrier

Publié le 10 août à 19h39

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Vous l’aurez peut-être constaté par vous-même, si vous séjournez à la Côte, ou que vous y êtes allés récemment. La mer du Nord n’a jamais été aussi chaude : 24 degrés, soit bien plus que d’habitude. Une chaleur qui a évidemment des conséquences sur la biodiversité sous-marine, mais pas seulement. Nicolas Lowyck avec Frédéric Delfosse et Guillaume Bruwier.


Vous l’avez peut-être constaté si vous séjournez à la Côte : la mer du Nord affiche actuellement une température digne de la Méditerranée, jusqu’à 24 degrés en surface. Agréable pour les baigneurs, beaucoup moins pour l’écosystème. Sous l’eau, une vague de chaleur exceptionnelle dure depuis plus de six mois, bouleversant la faune marine et favorisant la prolifération de virus et de bactéries. Et ses effets pourraient même se faire sentir jusque dans nos orages.

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La température de la mer du Nord est constamment surveillée par l’Institut flamand de la mer. « Nous voyons que la température est pour l’instant de 24 degrés », constate Bart de Smet, biologiste marin à l’Institut.




Une eau anormalement chaude

24 degrés, une température de rêve pour certains. « On n’a plus besoin d’aller en Espagne ou sur la côte, plus au sud, c’est fantastique », se réjouit Dorothea, une touriste.

Mais y a-t-il vraiment de quoi se réjouir ? Plus en profondeur, l’eau est là aussi anormalement chaude. Voici les relevés moyens de la partie belge de la mer du Nord pour le mois de juillet : 16 degrés au début du mois, cette année c’était quasiment 19. La moyenne frôle les 20 degrés, soit une augmentation de près de 3 degrés.

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Sous l’eau, les vagues de chaleur sont interminables car l’eau met plus de temps que l’air à se réchauffer et à se refroidir. « Nous sommes dans une période exceptionnelle. Si nous regardons dans la partie belge de la mer du Nord, la vague de chaleur dure depuis 188 jours. Sous l’eau, on parle d’une vague de chaleur quand les températures sont 5 jours au-dessus de la moyenne », explique Bart de Smet.




Moins de cabillauds, plus de pieuvres

Une tendance qui se confirme aussi dans les océans à l’échelle mondiale. « C’est-à-dire qu’on est dedans comme on dit. Les modèles l’ont prédit mais ont même été un peu trop optimistes dans le cadre où ils disaient ça va augmenter. Finalement, on est étonné de la vitesse à laquelle ça augmente dans certains endroits », affirme Sylvie Gobert, professeure en océanographie biologique à l’Université de Liège.

Conséquence, la faune marine est bouleversée. Chez nous, le cabillaud par exemple fuit plus au nord à la recherche de courants plus frais. Tandis que les espèces habituées à la chaleur marine comme les pieuvres sont de plus en plus présentes.

Le risque d’épidémie marine est lui aussi plus grand. « Les virus et les bactéries s’adaptent plus facilement à des variations et à des hausses de température. Et donc, ils peuvent proliférer et contaminer des animaux ou des végétaux qui vont mourir en masse », alerte Sylvie Gobert.

Enfin, cette vague de chaleur marine a des conséquences aussi sur terre. Les prochains orages pourraient être plus violents car ils sont alimentés par l’eau de mer qui s’évapore.



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