
Par Eva Risko
Publié le 10 août à 21h16
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À partir de ce mardi, la France franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le démarchage téléphonique : les entreprises devront obtenir l’accord préalable des consommateurs avant de pouvoir les appeler à des fins commerciales. En Belgique, le système est différent, mais le gouvernement envisage lui aussi un changement de cap.
Le téléphone sonne en plein repas ou pendant une réunion. Au bout du fil, une proposition pour changer de fournisseur d’énergie, d’assurance ou d’opérateur télécom. « Le démarchage téléphonique m’agace particulièrement parce que je suis dérangée à l’heure du repas », témoigne une passante interrogée par RTL Info. « Quand je réponds à ce type d’appel, je reste poli, mais ferme : au revoir madame, au revoir monsieur », raconte un autre.
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Une chose est sûre : ces appels agacent de nombreux consommateurs. Une source de frustration qui devrait bientôt se faire plus rare en France. À partir de ce mardi, les entreprises devront en effet obtenir le consentement préalable des consommateurs avant toute prospection commerciale par téléphone. En Belgique, le système est moins strict, mais un changement similaire pourrait bien voir le jour. Explications avec notre journaliste Marwa Sebbahi.
Plus d’1,5 million de Belges inscrits sur la liste « Ne m’appelez plus »
En Belgique, il est déjà possible de limiter ces appels grâce à la liste « Ne m’appelez plus ». Plus de 1,5 million de numéros de téléphone y sont enregistrés.
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Les sociétés de démarchage ont l’obligation de consulter cette base de données avant de lancer une campagne d’appels commerciaux. « Dès qu’on reçoit une nouvelle base de données pour une mission de télémarketing, on croise les données et on exclut tous les numéros qui figurent sur cette liste. De cette façon, on est sûr de ne pas appeler des personnes qui ont explicitement demandé à ne plus être contactées », explique Vincent Sancinito, administrateur d’un télésecrétariat.
En théorie, une personne inscrite sur cette liste ne peut donc plus être démarchée, sauf si elle a donné son consentement à une entreprise ou si elle est déjà liée à celle-ci par un contrat.
Que faire si vous continuez de recevoir des appels ?
Si malgré votre inscription, vous continuez à recevoir des appels commerciaux non autorisés, vous pouvez les signaler sur la plateforme ConsumerConnect.
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Le SPF Économie reçoit près de 4.000 signalements par an. Mais toutes ces plaintes ne concernent pas du démarchage commercial. « Il faut distinguer le démarchage téléphonique abusif des tentatives d’escroquerie ou de fraude, où l’objectif est de soutirer de l’argent ou des données personnelles. Les escrocs, eux, ne s’embarrassent évidemment pas de consulter la liste « Ne m’appelez plus » », rappelle Étienne Mignolet, porte-parole du SPF Économie.
Ces signalements permettent toutefois aux autorités d’identifier certaines pratiques frauduleuses et, dans certains cas, d’ouvrir des enquêtes avec leurs homologues européens.
La Belgique pourrait suivre l’exemple français
À partir de ce mardi, la France adopte un système plus strict : les entreprises ne pourront plus appeler un consommateur sans avoir obtenu son accord préalable. La Belgique pourrait-elle bientôt faire de même ? L’idée figure bien dans l’accord de gouvernement. « Il y a une volonté politique de passer d’un système « opt-out », où l’on peut être appelé sauf si l’on refuse, à un système « opt-in », où il faut donner son consentement préalable pour recevoir ce type d’appel », explique Étienne Mignolet.
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Autrement dit, au lieu de devoir s’inscrire sur une liste pour ne plus être démarché, les consommateurs devraient, à l’avenir, accepter explicitement de recevoir des appels commerciaux avant que les entreprises puissent les contacter.
En attendant une éventuelle réforme, la liste « Ne m’appelez plus » reste le principal outil à disposition des consommateurs belges pour limiter le démarchage téléphonique non désiré.

