Faire de l’intelligence artificielle une évidence. En marge de la présentation de sa nouvelle série Galaxy S26, Samsung a pris le temps d’expliquer comment il imagine l’évolution d’une technologie qui est désormais entrée dans nos vies et, surtout, dans nos smartphones. Une vision intéressante puisqu’elle résume comment le secteur s’est transformé et, surtout, comme il va s’adapter dans les semaines, mois ou année à venir. Car désormais, l’idée n’est plus d’impressionner avec des fonctionnalités mais de rendre l’IA « invisible ». Le message est en tout cas clair du côté de la marque sud-coréenne : « La vraie promesse de l’IA n’est pas d’ajouter des fonctions mais de rendre la vie plus facile ».

Car si elle connaît une popularité grandissante, l’intelligence artificielle reste une technologie assez obscure pour de nombreux utilisateurs. Ce que confirme une étude menée par le fabricant montre que 81 % de ses utilisateurs estiment que l’IA a un côté pratique… mais que 85 % la jugent compliquée. Tout l’enjeu est donc là : démocratiser sans intimider. Du côté de Samsung, la volonté de Samsung est en tout cas d’amener cette intelligence artificielle au plus d’utilisateurs possible, avec un objectif de 800 millions d’utilisateurs en 2026.



Le paradoxe des notifications

Mais la question est finalement de savoir ce que l’intelligence artificielle peut véritablement nous apporter dans l’utilisation quotidienne de notre smartphone. Pour Samsung, et de ce que l’on voit émerger dans le secteur, l’intelligence artificielle doit pouvoir être activée quand on le souhaite, mais aussi fonctionner de manière autonome, sans solliciter en permanence l’utilisateur.




L’exemple le plus parlant est celui des notifications. Le smartphone a transformé notre manière de recevoir l’information, notamment via les pushs… devenus omniprésents et donc plus envahissants. L’IA doit servir à corriger cette surcharge que les fabricants de smartphones ont en partie contribué à créer. Comment ? En résumant, organisant, filtrant. Bref, proposer un centre qui synthétise notifications, agenda et informations clés pour ne garder que l’essentiel. Mais ce travail doit être effectué et propose sans que l’utilisateur ne le demande forcément.

De manière plus large, la majorité des usages pertinents de l’IA doivent donc se dérouler en coulisses. L’utilisateur ne voit pas nécessairement la technologie, mais il en ressent les effets. Une action demandée peut être exécutée en arrière-plan, avec validation uniquement au moment décisif.

Trois piliers

Si l’expérience IA est importante, elle n’est pas le seul champ d’action. La firme sud-coréenne parle aujourd’hui d’une philosophie reposant sur trois piliers : l’expérience donc, les agents et la sécurité. Par « agents », on désigne ici les différents modèles d’IA capables d’interagir avec le système. Le secteur évoluerait ainsi d’un OS traditionnel vers un « AI OS », où l’intelligence artificielle est intégrée à chaque couche du système pour relier les actions de manière fluide.

C’est le cas par exemple avec le nouveau Galaxy S26 : une grande partie des fonctions repose sur une collaboration avec Google mais s’intègre directement dans l’écosystème du téléphone, alors que d’autres requêtes peuvent être adressées à des agents cloud comme Gemini ou Perplexity. Samsung défend donc une vision hybride de l’IA : des fonctions exécutées directement sur l’appareil, combinées à de l’IA cloud. L’IA embarquée présente des avantages clairs, mais le cloud reste complémentaire.



Les défis

Cette évolution pose évidemment la question des données. Samsung met en avant son Personal Data Engine (PDE), chargé de transformer les données en contenus pertinents. La sécurité s’appuie sur l’infrastructure Knox et Knox Vault, avec des environnements chiffrés isolés pour les informations sensibles. Il y a donc cette idée que les données des utilisateurs ne doivent pas (et ne sont pas utilisées pour) entraîner les modèles cloud.

Reste la question du prix. Les fonctionnalités IA sont aujourd’hui gratuites. Le marché évolue, reconnaît Samsung, et des options payantes pourraient exister à l’avenir. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

Tout cela acte, en filigrane, un changement de paradigme : l’IA ne doit plus être une vitrine technologique, mais une infrastructure silencieuse. Et nul doute que c’est tout un secteur qui va s’inspirer de cette vision.

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