Petite dernière à prendre son envol dans la dynastie Chedid, aînée de Matthieu, la jeune fille de vingt-quatre ans s’émancipe dans un esthétisme plus introspectif, alternatif, ombrageux et compte bien tracer sa propre ligne de fuite.
Publié le : 11/08/2026 – 06:30
4 min Temps de lecture
Son projet musical n’a pas encore deux ans d’existence. Et pourtant, on a identifié la jeune fille depuis bien plus longtemps : 2017, plus précisément, et sa première apparition aux côtés de son père à l’Accor Arena sur une des dates de la tournée Lamomali. Cette scène-là se reproduira une petite poignée de fois dans d’autres salles parisiennes. Billie enregistrera aussi deux morceaux originaux avec lui, dont l’un qui porte son prénom et figure sur Lettre infinie, album de -M- où elle est créditée à huit reprises aux chœurs.
Un baptême du feu en mode sur-exposition collective, le père en question n’évoluant pas en Ligue 2. Lorsqu’on la rencontre aux Francofolies de La Rochelle, en amont de son concert en salle, elle précise : « C’est certain que j’arrive dans le métier avec une base de gens qui me connaissent. Mais on ne me connaît qu’à travers quelque chose qui n’est pas vraiment moi. J’ai tout à prouver, et surtout montrer que j’ai ma place ».
À lire aussiAux Francofolies de La Rochelle, les filles prennent le pouvoir
Chez les Chedid, la musique n’est pas un héritage subi mais un fluide qui irrigue. Par sa proximité généalogique, Billie aurait pu contracter le goût des gimmicks élastiques ou de la pop solaire taillée pour enceintes de masse. Si elle précise que ce « n’est pas par opposition », l’ex-élève de l’American School of Modern Music – formation qu’elle a suivie pendant deux ans entre 2020 et 2022 – surgit là où le rock se fait abrasif, là où la pop alternative se mâtine d’une mélancolie organique, là ,enfin, où la voix passe de la confidence chuchotée à une intensité plus sauvage.
Jusqu’ici, Billie a beaucoup travaillé en compagnie de Zacharie Berdugo, compositeur-producteur-petit copain, ainsi que de Clément et Adrien du duo Kids Return, ses meilleurs potes. « Même ma scénographie, c’est une pote qui me l’a faite. J’aime trop et j’ai besoin de ce rapport-là ». Elle ajoute qu’elle amorce d’autres collaborations en vue de l’album, prochaine étape discographique.
Accepter
Gérer mes choix
Elle dit aussi, reprenant le titre de son premier EP, « J’avance ». Et la formule s’applique notamment à son écriture qui se met à explorer des zones de friction émotionnelle. « Sur mon second EP [sorti en mai dernier, ndlr], je m’oriente davantage dans l’intime et le personnel. Je suis de plus en plus en phase avec l’idée d’aller chercher des choses en moi parce que ça me fait du bien et parce que c’est dans cette dynamique que j’ai envie de communiquer avec les gens ».
À ce que les autres pensent de moi : l’EP qui affronte le jugement
L’EP en question ne s’appelle pas innocemment, non plus, À ce que les autres pensent de moi. Aveu de vulnérabilité ? Rapport complexe avec le jugement d’autrui ? Elle, de trancher : « C’est un peu le sujet de ma vie. J’y suis très sensible. Récemment, je me suis pris une vague de haters bien énervés ».
Sans qu’on l’amène sur ce terrain-là, Billie éprouve dans un même élan le besoin de clarifier : « Le fait que je sois une nepo baby [« fille de », ndlr], c’est la vérité et je l’assume totalement. J’ai tellement conscience de mon privilège, de mon patrimoine culturel, de ma chance et je comprends aussi profondément pourquoi ça peut agacer. Quand des gens se permettent de parler à notre place et assurer que la marche est plus difficile pour nous, c’est faux parce que beaucoup de choses nous sont accessibles. Après, perdurer, tenir la distance ou faire fructifier, ça ne tient qu’à moi et à la réception de mon travail ». Propos de belle maturité de celle qui veut devenir la conteuse de son histoire originale.
Billie À ce que les autres pensent de moi (Voie 17) 2026
Accepter
Gérer mes choix