« Je conçois que le terrain, en l’état, est apprécié de ces citoyens itinérants, en raison de sa taille et de sa situation géographique près de la Nationale 60, mais le problème va se résoudre naturellement lorsque les travaux seront engagés. Une partie de la parcelle a en effet déjà été vendue pour l’installation d’une entreprise, tandis qu’un acte d’achat va être signé avec une autre société », nous avait indiqué Hervé Cornillie.

Le bourgmestre leuzois ne croyait pas si bien dire sachant que quelques semaines plus tard, la physionomie des terrains a été chamboulée avec l’arrivée d’engins de chantier. Désormais, si une nouvelle migration des gens du voyage venait à se concrétiser, ces derniers feraient face à un sacré obstacle.

Et pour cause puisque d’imposants monts de terre entravent désormais une bonne partie du passage, entre l’entreprise ORES et le hall de stockage de la brasserie Dupont. Mais que l’on ne s’y trompe pas, ces amas de terres n’ont pas pour objectif premier de dissuader la communauté de revenir en vue d’y dresser son campement.

Les travaux engagés cet été visent à « préparer le terrain » dans le cadre de l’installation future de l’entreprise flamande Douterloigne, basée à Anzegem et spécialisée dans la fabrication de matériaux (planchers, dalles…) en béton. D’ici quelques mois, le groupe familial Ploegsteert, à la tête de la firme, verra émerger sa première antenne Douterloigne en Wallonie.

La Ville va-t-elle fixer un cadre légal ?

Si la problématique semble définitivement réglée quant à l’occupation de ce site, personne n’est dupe. Des terrains agricoles, à vocation industrielle ou en friche pullulent au sein de l’ancienne entité bonnetière. Comme ailleurs. Et rien ne certifie que les gens du voyage ne jetteront pas leur dévolu sur d’autres parcelles, suffisamment grandes et accessibles que pour accueillir leurs véhicules et caravanes.

Cela pose, de manière générale vu la récurrence du problème, la question de l’encadrement de ces communautés en Belgique. À ce titre, le groupe d’opposition Idées compte soumettre au vote lors du prochain conseil communal (fin août, voire début septembre) un projet de règlement redevance. D’autres villes comme Mons appliquent déjà un cadre légal pour l’accueil de ces citoyens itinérants.

« Il existe une redevance qui a été spécifiquement mise en place dans le cadre de l’occupation temporaire des gens du voyage, précisait récemment le conseiller Nicolas Dumont. Le règlement établit la taxation à 10 € par jour et par caravane tandis qu’une participation de 1 € est demandée pour la prise d’eau et de 3 € par jour pour la consommation électrique. »